
Incendie en Gironde : 39.000 entreprises touchées, « sauver l’économie girondine » nécessaire.
Entreprises ravagées par les flammes, employés dans l’incapacité de se rendre sur leur lieu de travail, commerces fermés en raison des évacuations… Le colossal incendie en Gironde a gravement affecté le tissu économique de la région.
D’après le ministre de l’Économie, Roland Lescure, « plus de 13.000 entreprises » ont été évacuées en Gironde, parmi lesquelles 7.000 entreprises artisanales et 6.300 entreprises commerciales. Au total, « 39.000 entreprises » ont été touchées, que ce soit directement ou indirectement, par le sinistre ayant ravagé 42.000 hectares, a déclaré Patrick Seguin, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la Gironde, lors d’une interview.
Quel est le bilan de ce sinistre pour les entreprises de la Gironde ? Sur les 115.000 entreprises de la région, dont 85 % sont des TPE et PME, 39.000 ont été impactées, que ce soit directement, en raison de bâtiments détruits – une trentaine ont été recensés – ou parce qu’elles ont dû être évacuées. D’autres ont été affectées indirectement, en tant que fournisseurs ou sous-traitants d’entreprises fermées. Ces 39.000 entreprises ont vu leur chiffre d’affaires brutalement stoppé ou réduit, notamment dans le secteur des cafés, hôtels et restaurants (CHR), qui a enregistré une chute de 64 % de son activité, y compris dans le centre de Bordeaux. Pour cette raison, nous mettons en place une coordination de tous les services publics, via un numéro vert (3006), afin que ces entreprises aient un interlocuteur unique. Nous ne voulons laisser personne sur le carreau.
C’est le secteur qui a été le plus durement touché ? Toutes les entreprises liées au tourisme ont subi des impacts. Ce secteur a été complètement paralysé, car au début de l’incendie, il a été demandé aux gens de ne pas se rendre en Gironde. Actuellement, la situation commence à se normaliser, mais les réservations d’août ont déjà été annulées, atteignant même jusqu’à 100 % dans certains campings ! Cela signifie que leur saison est compromise, dans un contexte économique déjà difficile. Nous nous attendons à de nombreux dégâts.
Aujourd’hui, vous dites aux touristes de revenir en Gironde ? Absolument. L’ensemble de la Gironde n’a pas été touché et une grande partie du territoire reste accessible aux touristes, que ce soit la ville de Bordeaux ou le vignoble.
Les campings de Lacanau ont rouvert ce vendredi, les touristes peuvent donc y retourner aussi ? Effectivement, une partie de la côte, notamment à Lacanau, est de nouveau accessible. Cependant, seuls les établissements situés dans des communes ayant reçu l’autorisation de réouverture par la préfecture peuvent rouvrir pour l’instant. À Le Porge, la commune particulièrement affectée par ce sinistre, la situation demeure trop dangereuse pour le camping et le village naturiste, et une réouverture nuirait aux efforts des pompiers, qui sont encore très actifs dans cette zone.
Lorsque l’incendie sera déclaré maîtrisé, nous pourrons envisager une reprise progressive des autorisations de circulation. Toutefois, dans certains endroits accessibles uniquement par de petites routes, il est difficile d’imaginer un afflux de touristes sans une organisation adéquate, au risque de gêner les pompiers qui continueront à lutter contre les foyers résiduels et les reprises de feu pendant plusieurs semaines. Nous ne prévoyons pas un retour à une activité touristique à 100 % au mois d’août.
Avez-vous pu chiffrer l’impact économique de ce sinistre ? Pas encore, mais cela s’annonce colossal. C’est pourquoi nous étudions comment nous pourrions lancer un appel à la solidarité nationale pour sauver l’économie girondine.
