
Incendie en forêt de Fontainebleau : les habitants ne paniquent pas.
Un incendie d’une ampleur inédite en Ile-de-France ravage depuis dimanche la forêt voisine, ayant déjà détruit 800 hectares parmi les 22.000 du massif. Au moins 700 personnes ont pour l’heure été évacuées, et les communes les plus menacées sont Le Vaudoué, Achères-la-Forêt et Noisy-sur-École, au cœur du parc naturel régional du Gâtinais.
De notre envoyé spécial à Fontainebleau,
Dans le parc du château de Fontainebleau, certaines familles et groupes d’amis cherchent un endroit ombragé. Certains ont même préparé un pique-nique. Tandis qu’un incendie d’une ampleur inédite en Île-de-France ravage depuis dimanche la forêt voisine (Seine-et-Marne), le centre-ville de la commune reste en sécurité, sans cendres dans l’air ni sirènes de pompiers. La chaleur étouffante est aussi habituelle en cette troisième vague de chaleur. « On s’inquiète un peu, surtout en voyant les images qui passent sur les réseaux et à la télé, confie Laura, jeune maman en promenade. Pour l’instant, nous restons vigilants, même si nous ne sommes pas dans les communes les plus touchées. » Dans les rues, quelques touristes viennent admirer le château, mêlant leurs pas à ceux des familles installées en terrasse. Pendant ce temps, l’incendie a déjà ravagé 800 hectares parmi les 22 000 du massif.
Certaines personnes craignent si peu le feu qu’elles ont décidé de se promener en forêt. « Je n’ai vu que ce matin qu’il y avait un incendie, avoue Loïc, un trentenaire parisien avec son VTT. Quand on voit le nuage de fumée depuis le train, vers Melun, et le système d’alerte nationale qui se déclenche sur le téléphone, c’est sûr que c’est impressionnant. Mais d’ici, ça a l’air d’aller, et je sais qu’une partie de la forêt est accessible. Avec cette chaleur, plusieurs d’entre nous souhaitons sortir. » « Je n’ai pas l’impression qu’il y ait moins de monde, en tout cas pas moins qu’un lundi de vacances d’été, remarque Cédric, boulanger dans le centre-ville. Après, il est évident que nous trouvons cela regrettable et que nous avons des questions. »
Des Canadair jamais vus en Île-de-France
Un peu plus loin, entre Bois-le-Roi, Chartrettes et Fontaine-le-Port, le ballet incessant des Canadair éveille davantage d’inquiétude. C’est la première fois que ces avions de lutte contre les incendies sont déployés en Île-de-France. Sur un pont qui surplombe la Seine, un petit groupe essaie d’apercevoir où les appareils viennent puiser de l’eau pour prendre des photos. « Ce n’est pas pour être des curieux !, se défend Pierre, un retraité habitant à Fontainebleau. C’est vraiment triste ce qui se passe. Chaque année, il y a des incendies qui sont rapidement éteints. Là, c’est tout de même impressionnant. » Avec son fils, ils descendent vers les berges de la Seine un peu plus loin.
Là, une vingtaine de personnes observent le passage des avions. « C’est impressionnant, du jamais vu en Île-de-France », explique Etienne, appareil photo à la main, au bord de l’eau. Il s’interrompt : un vrombissement sourd annonce l’arrivée de l’avion jaune et rouge. L’appareil descend, glisse sur l’eau de la Seine, puis repart aussitôt. Derrière, son collègue répète la manœuvre. Durée totale de l’opération : une quarantaine de secondes. Les Canadair seront de retour dans dix minutes, le temps de larguer l’eau sur le feu situé à une quinzaine de kilomètres et de revenir.
Au moins 700 personnes évacuées, un second départ de feu
Bientôt, la police demande aux spectateurs de s’éloigner de la rive pour ne pas se mettre en danger, précisant que le stationnement à proximité est interdit. « À Fontainebleau, nous n’avons pas vraiment de quoi s’inquiéter pour l’instant, reprend Pierre. Mais nous avons un couple d’amis qui vit à Milly-la-Forêt, beaucoup plus près du feu. Ils ont vu la fumée rouge hier soir, et aujourd’hui, avec le sens du vent, elle leur arrive dessus. » Au moins 700 personnes ont pour l’instant été évacuées, et les communes les plus menacées sont Le Vaudoué, Achères-la-Forêt et Noisy-sur-École, au cœur du parc naturel régional du Gâtinais.
L’ambiance en ville va-t-elle se tendre dans les heures qui viennent ? Plus tard dans l’après-midi, un autre départ de feu est signalé, celui-ci étant beaucoup plus près du centre de Fontainebleau.
