Guerre en Iran : Blocage d’Ormuz fait exploser tous les prix
Le blocage du détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient a eu un impact sur le prix des matériaux, notamment le naphta, dont l’approvisionnement est devenu instable, entraînant des demandes d’augmentation de prix de l’encre de 10 à 20 %. En France, les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % sur un an en avril, en particulier en raison de l’augmentation de 31,4 % des produits pétroliers.
Le blocage du détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient ne perturbe pas seulement le secteur des transports. Au Japon, Calbee, un géant de la chips aux multiples saveurs, a remplacé ses sachets jaunes et oranges par un packaging en noir et blanc. Pourquoi ce changement lié à la guerre au Moyen-Orient ? La réponse est claire : l’augmentation du prix du carburant impacte également le naphta, dérivé du pétrole et utilisé dans la composition de l’encre de certains emballages.
« L’approvisionnement en naphta est devenu instable et les demandes d’augmentation du prix de l’encre ont commencé au milieu du mois dernier », a précisé Toyama Sugaki, entreprise d’impression, à la chaîne de télévision TBS. L’institut indique une hausse « entre 10 et 20 % » selon le type d’encre et les fabricants.
### Un impact « dans presque toute l’économie »
Ce changement sur les paquets de chips japonais peut prêter à sourire, mais il illustre en réalité l’impact du blocage du détroit d’Ormuz sur de nombreux secteurs. Michel Fayad, spécialiste de la géopolitique et des marchés des hydrocarbures, résume le rôle du pétrole en quatre domaines principaux : « Il est à la fois une source d’énergie et de carburants, mais aussi une matière première chimique, une base de fabrication des matériaux synthétiques et un support logistique et industriel de presque toute l’économie moderne. »
Des produits dérivés pétroliers et pétrochimiques se retrouvent partout, que ce soit dans les pneus automobiles, les semelles, le liquide de refroidissement ou d’autres articles. « C’est ce qui rend un choc pétrolier si craint, poursuit l’expert, il ne concerne pas seulement l’essence à la pompe, sa hausse se diffuse progressivement dans presque toute l’économie. »
### Hausse des prix à la consommation
En France, les chiffres le confirment déjà. Selon une étude de l’Insee publiée mercredi, en avril, les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % sur un an. « Cette hausse de l’inflation s’explique à nouveau par l’accélération des prix de l’énergie […] notamment ceux des produits pétroliers » qui ont augmenté de 31,4 % en avril, après une hausse de 18,1 % en mars, atteste l’institut.
En résumé, cette réaction en chaîne est due à la montée du coût des produits dérivés du pétrole – dont le plastique – qui se répercute sur le prix des produits emballés, des bouteilles, des appareils électroniques, des équipements médicaux… De plus, le coût du transport des marchandises fait grimper les prix des aliments, de l’électronique, des vêtements, des meubles ou encore des matériaux de construction.
« Si le citoyen voit d’abord le prix à la pompe, le pétrole étant si intégré aux chaînes de production et de transport, sa hausse finit par avoir un impact presque partout sur les prix du quotidien », ajoute Michel Fayad, citant les chocs pétroliers de 1973 et 1979. « Au départ, le problème semblait “énergétique”, mais rapidement, toute l’économie a été touchée : ralentissement industriel, hausse des prix, baisse du pouvoir d’achat, inflation massive et parfois récession. »
Dans de telles situations, les secteurs de la chimie, de la sidérurgie, de l’agriculture intensive ou encore du BTP souffrent des augmentations. En conséquence, « beaucoup d’usines voient leurs coûts exploser, ce qui peut réduire les marges, ralentir la production ou entraîner des hausses de prix pour le consommateur final ». Reste à savoir si le consommateur choisira d’acheter ses chips en noir et blanc, ou en couleurs… mais à un prix légèrement supérieur.

