France

Gironde : La préfecture valide une megaferme d’élevage de saumons contestée

Un projet controversé d’élevage de saumons en circuit fermé a reçu le feu vert des autorités, malgré les nombreuses critiques qu’il suscite. La préfecture de la Gironde a annoncé mardi l’autorisation d’une installation portée par la société Pure Salmon, qui prévoit de construire une usine sur 14 hectares à Verdon-sur-Mer. Ce projet, d’une valeur de 280 millions d’euros, a pour objectif de produire 10 000 tonnes de saumon par an, répondant ainsi à une demande croissante pour ce poisson, majoritairement importé en France.

Les promoteurs du projet soulignent qu’il répond à des enjeux d’intérêt général, notamment la reconversion d’une friche industrialo-portuaire, la création de 250 emplois directs, ainsi que la production locale d’un poisson très consommé par les Français. La préfecture a précisé que l’autorisation est assortie de conditions environnementales strictes pour encadrer tant la phase de construction que l’exploitation de l’usine.

Cependant, cette initiative est loin de faire l’unanimité. En juillet, le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) avait donné un avis favorable, après un précédent soutien de la commission d’enquête publique en mars. Malgré cela, une proposition de loi, soutenue par près de cent députés, vise à instaurer un moratoire de dix ans sur ce type d’élevage, mais n’a pas encore été examinée par l’Assemblée nationale.

Un collectif de 27 ONG a également exprimé son opposition, qualifiant le projet de « complètement démesuré ». Elles mettent en avant les risques pour l’écosystème de l’estuaire de la Gironde, le plus vaste et sauvage d’Europe, en raison des rejets de boues qui pourraient nuire à la pêche et à la conchyliculture.

Face à ces critiques, Pure Salmon défend son approche, affirmant que sa « technologie éprouvée » permet de maîtriser l’impact sur la biodiversité. La société insiste sur le fait que le bien-être animal est central dans son projet et que l’alimentation des saumons respecte des « normes strictes » pour garantir une traçabilité responsable.

Au sein du gouvernement, les avis divergent. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a exprimé son opposition personnelle lors d’une audition au Sénat en avril. En revanche, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a souligné en juin que tant que le projet respecte les normes environnementales, il n’y a pas de raison de s’y opposer.