
Migrants à Ceuta : des mères marocaines ne savent pas si leurs fils sont vivants ou morts
Le drame humain qui se déroule aux portes de Ceuta, enclave espagnole, est tragique. Les chiffres varient selon les sources : le gouvernement espagnol évoque 72 décès, tandis que les autorités de Ceuta parlent d’au moins 88 victimes. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) quant à elle, avance un bilan alarmant de près de 130 personnes décédées. Ces jeunes hommes, souvent issus de familles marocaines, ont tenté de franchir les frontières, espérant un avenir meilleur.
Les familles, plongées dans l’angoisse, attendent désespérément des nouvelles de leurs proches. Parmi elles, une mère, photographies en main, exprime sa douleur : « Reviens, je t’en prie. Je suis heureuse avec toi. J’attends. Je ne sais rien. Je ne sais même pas s’il est vivant ou mort. Je ne sais même pas ce qui s’est passé. Je ne sais rien. Tout est fini pour moi. J’ai déjà perdu d’autres membres de ma famille… J’ai tout perdu, tout, tout. Tout le monde…« .
Depuis plusieurs jours, des dizaines de parents, comme cette mère, scrutent chaque bus revenant de Ceuta, espérant y voir leurs enfants, cousins ou neveux. Leur quête est empreinte d’une profonde tristesse, alors qu’ils cherchent à savoir si leurs proches ont survécu à cette tentative périlleuse de rejoindre l’Union européenne.
Ibtissam Chari, une autre mère, refuse de céder au désespoir : « Je recherche mon fils Rayan depuis cinq jours. Quand il a appris que les frontières étaient ouvertes, il est parti avec des amis. Le premier jour, à son arrivée à Ceuta, il m’a contacté pour me dire qu’il était dans l’enclave. Depuis, plus aucune nouvelle. Chaque jour, nous venons à la frontière dans l’espoir d’avoir des nouvelles, mais en vain« .
Pour certaines familles, le sort a été plus clément, et leurs membres ont réussi à se retrouver. Cependant, la situation demeure tragique pour beaucoup. Le flou persiste sur le nombre exact de victimes de cette tragédie, mais les estimations vont de 70 à 80 morts, voire plus. L’AMDH souligne également la présence de nombreuses personnes disparues, ajoutant à l’angoisse des familles.
