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« Problèmes de stocks en fin : le vélo en Europe va-t-il s’améliorer ? »

En 2025, le marché européen du vélo montre des signes de stabilisation après trois années de turbulences liées à la pandémie de Covid-19, selon le dernier rapport de l’European Cycling Industries (ECI). Ce document, intitulé Bicycle Industry & Market Profile (BIMP), constitue la première publication de l’ECI suite à la fusion de deux organisations majeures, la CONEBI et la CIE, et compile des données sur la production, les ventes, l’emploi et les échanges commerciaux du secteur.

Paul Walsh, directeur général de l’ECI, a souligné lors de la présentation de ce rapport que « c’est le signe que les problèmes de stocks que nous avons connus suite à la crise du Covid-19 touchent enfin à leur fin ». Après une forte demande durant la pandémie, le marché a souffert d’un excès de stocks et d’une chute des prix, mais il semble aujourd’hui avoir surmonté ces défis.

Les chiffres de 2025 indiquent que la production de vélos et de vélos électriques en Europe reste stable à 10,82 millions d’unités, identique à celle de l’année précédente. En revanche, les ventes ont légèrement diminué, atteignant environ 15,6 millions d’unités, soit une baisse de 2,6 % par rapport à l’année précédente. En termes de chiffre d’affaires, le secteur génère 18,25 milliards d’euros, une baisse marginale de 0,84 %. Bien que le volume des ventes ait diminué, la valeur des vélos vendus a augmenté, en grande partie grâce à la popularité croissante des vélos électriques. L’emploi dans le secteur a également connu une hausse, avec 67 076 postes, soit une augmentation d’un millier par rapport à l’année précédente.

Walsh a mis en avant la tendance à long terme du marché : « Malgré les fluctuations, le marché européen du vélo a atteint 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, soit une croissance réelle de 18 % depuis 2018 après ajustement pour l’inflation. Je ne pense pas que beaucoup d’autres secteurs des transports puissent se targuer d’une telle croissance. »

Cependant, des disparités persistent entre les pays. L’Allemagne, qui joue un rôle clé dans la fourniture de composants, a enregistré une baisse de 9 % de sa production, atteignant environ 850 millions d’euros. Pendant ce temps, l’Italie et le Portugal ont vu leurs productions diminuer respectivement de 19 % et 16 %. La France n’est pas en reste, avec 1,84 million de vélos neufs vendus en 2025, marquant une baisse de 6 % pour la quatrième année consécutive. Les ventes de vélos électriques en France ont particulièrement souffert, avec une chute de 16 %, représentant seulement 507 000 unités écoulées.

Malgré ces difficultés, le Portugal a connu une augmentation de sa production de vélos, passant de 17 à 18 %, grâce à la création de son pôle cycliste. Tanveer Ahmed, responsable des politiques chez l’ECI, a expliqué que ce développement démontre comment les pôles industriels peuvent stimuler la production et attirer une main-d’œuvre qualifiée. Il a également souligné la nécessité d’investissements accrus dans la recherche et le développement, ainsi que dans la relocalisation de la production de composants.

Les importations de vélos, principalement en provenance de Chine, viennent cependant nuancer cette stabilisation. Anke Schäffner, directrice des politiques et du développement durable chez ZIV, a rappelé que les importations dans l’UE ont presque doublé. En effet, la Chine a représenté 47 % des vélos électriques importés dans l’UE au premier trimestre 2026, une augmentation significative par rapport aux années précédentes.

Schäffner a mis en garde contre les problèmes de qualité associés à ces importations, précisant que « ces vélos ne posent pas de problème tant que les produits sont de bonne qualité et conformes à la réglementation européenne », mais que de nombreux produits ne respectent pas les normes en vigueur.

Pour Tanveer Ahmed, cette augmentation des importations, couplée à des ventes stables, reflète une dépendance croissante vis-à-vis des fournisseurs non européens, notamment asiatiques. L’ECI appelle donc à un renforcement des investissements dans la recherche et le développement, ainsi qu’à une relocalisation de la production de composants.

Ainsi, bien que la stabilisation du marché européen du vélo soit une réalité, elle demeure fragile et inégale selon les pays. Le véritable défi pour l’industrie européenne réside désormais dans sa capacité à produire localement plutôt qu’à dépendre des importations.