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Etats-Unis : Donald Trump redoute une « nouvelle offensive » pour les 250 ans du pays.

Les Etats-Unis célèbrent leurs 250 ans ce samedi, un événement marquant la signature de la Déclaration d’indépendance à Philadelphie en 1776. Un sondage de l’université Quinnipiac révèle que 61 % des Américains estiment que les Etats-Unis ne sont pas à la hauteur des idéaux énoncés dans ce document.


C’est un anniversaire particulier dans un contexte tendu. Les États-Unis célèbrent ce samedi leurs 250 ans, un jalon historique atteint à un moment où le pays est profondément divisé, avec Donald Trump bien décidé à s’imposer comme la figure centrale à Washington. Cet « Independence day » spécial, qui marque deux siècles et demi après la signature de la Déclaration d’indépendance à Philadelphie (est) et la rupture des 13 colonies avec la Couronne britannique, se déroule sous une vague de chaleur suffocante dans l’est des États-Unis.

À Washington, des températures pouvant atteindre plus de 38 °C sont annoncées pour ce samedi, et, avec l’humidité, la chaleur ressentie pourrait s’élever près de 43 °C. En raison de ce risque de chaleur extrême, les organisateurs ont annulé le traditionnel défilé du 4 juillet prévu ce samedi matin dans la capitale fédérale. Cette chaleur attendue n’a cependant pas dissuadé Donald Trump, qui a déployé tous ses efforts pour transformer cet anniversaire des États-Unis en une célébration de sa propre personne.

Le président américain doit organiser ce samedi soir un meeting politique au National Mall, au cœur de la capitale, qui revêt des airs de campagne électorale, avant ce qu’il décrit comme le plus grand feu d’artifice au monde : 850 000 fusées sur une durée de quarante minutes. « Il va faire environ 107 °F [41 °C] et je vais faire un discours vraiment long – juste pour montrer que je peux tout faire », a-t-il déclaré cette semaine. Il a également promis des survols aériens et des fanfares militaires pour jouer des musiques patriotiques, des classiques américains, « ainsi que ma playlist ».

À la veille de la fête nationale, vendredi soir, au pied de l’emblématique Mont Rushmore (nord), Donald Trump a affirmé que l’identité américaine subissait sur son sol ce qu’il a décrit comme une « nouvelle offensive » venant de « radicaux et d’extrémistes ». Dans un discours très patriotique, il a dépeint le « miracle » américain et rendu hommage à quatre de ses prédécesseurs, dont les visages sculptés en granit s’affichaient au-dessus de lui : George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt.

Trump a dénoncé « des radicaux et des extrémistes » qui « s’en prennent à notre incroyable histoire à la moindre occasion » et une « tentative indéniable de nous faire perdre notre esprit américain ». Il a également alerté sur « une résurgence de la menace communiste sur notre sol », une rhétorique qu’il utilise régulièrement en vue des élections cruciales de mi-mandat début novembre, après une série de victoires de candidats de l’aile gauche du parti démocrate dans des primaires. Les républicains craignent que l’impopularité du président n’impacte négativement leur contrôle du Congrès.

Il y a une dizaine de jours, le président républicain avait déjà pris part aux festivités des 250 ans sur le Mall de la capitale, à la veille de l’ouverture de sa « grande foire ». Cependant, celle-ci est actuellement surtout marquée par des visiteurs clairsemés et des stands vides.

Alors que le pays commémore ses deux siècles et demi d’histoire, de triomphes et de tragédies, d’esclavage et de liberté, de guerre civile et de guerres mondiales, un récent sondage de l’université Quinnipiac montre que 61 % des Américains estiment que les États-Unis ne correspondent pas aux idéaux énoncés dans la Déclaration d’indépendance de 1776. « J’en ai ras le bol de la manière dont ce pays traite les gens. Ras-le-bol de la manière dont ce pays traite ses voisins. Ras-le-bol de tout un tas de choses », s’insurge Johnny Presley, artiste installé à Los Angeles.