
Algérie : Khalida Boufedeche élue première femme présidente du Parlement
C’est un symbole fort, mais qui ne parvient pas à dissimuler l’inégalité en défaveur des femmes dans la représentation politique en Algérie. Cette réalité est malheureusement loin d’être isolée à l’échelle mondiale.
Pour la première fois dans son histoire, le Parlement algérien a élu, mardi soir, une femme à sa tête. Khalida Boufedeche devient ainsi la quatrième personnalité de l’État.
Une participation historiquement basse
Médecin allergologue et députée d’Alger, Khalida Boufedeche est issue du Front de libération nationale (FLN), le parti historique de l’indépendance et proche du pouvoir. Le FLN a remporté les dernières législatives avec 91 sièges sur 407. Ce scrutin a été marqué par un taux de participation de 21,24 %, le plus bas jamais enregistré.
Trois candidats se sont présentés pour la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement : Khalida Boufedeche, un député du principal parti islamique, le Mouvement de la société pour la paix (MSP – 43 sièges), et un autre du parti laïque, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).
Khalida Boufedeche est membre du comité central du FLN. Avant son mandat actuel de députée, elle a été élue dans sa commune à Bordj El Bahri, puis à l’assemblée de la wilaya d’Alger.
De moins en moins de femmes à l’Assemblée
Elle accède à la présidence du Parlement alors que seules 25 femmes ont été élues, représentant 6,14 % des sièges. Les femmes sont sous-représentées lors de cette législature, alors qu’elles constituent 49 % de la population. Elles étaient 38 en 2021 et surtout 118 en 2017, cette dernière élection ayant eu lieu sous le régime des quotas.
Le FLN est suivi dans l’hémicycle par le Rassemblement national démocratique (RND), une autre formation proche du pouvoir, qui obtient 74 sièges, puis par le Front El Moustakbal, également considéré comme un parti soutenant les autorités, avec 56 sièges.
