
Affaire Le Scouarnec : 10 viols et 40 agressions sexuelles, nouvelle information judiciaire
Près de quinze mois après avoir été condamné à une peine de 20 ans de réclusion, Joël Le Scouarnec, ancien chirurgien, fait l’objet d’une nouvelle enquête judiciaire. Ce mercredi, le parquet de Lorient a révélé que l’accusé est désormais impliqué dans 40 cas d’agressions sexuelles et 10 cas de viols, touchant au total 48 victimes.
Les faits en question, qui s’étendent de 1987 à 2017, sont tous considérés comme non prescrits, selon Laetitia Mirande, procureure de Lorient. Ces infractions concernent des actes commis sur des mineurs de moins de 15 ans ou par une personne abusant de l’autorité liée à sa profession. Une enquête préliminaire avait été lancée en mai 2025 avant qu’un juge d’instruction ne soit saisi.
Cette nouvelle procédure découle en partie du procès de Le Scouarnec à Vannes. La procureure a noté que « l’existence de nouvelles infractions est apparue ou a été confirmée » durant les audiences, et que le parquet a également reçu « des plaintes complémentaires ». L’ancien chirurgien avait admis, devant son fils aîné, avoir commis des « abus sexuels » sur la fille de ce dernier lorsqu’elle était âgée d’environ deux ans.
Âgé de 75 ans, Joël Le Scouarnec avait été condamné en mai 2025 par la cour criminelle du Morbihan à la peine maximale de 20 ans de réclusion. Il avait été reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles sur près de 300 victimes, majoritairement des patients mineurs, souvent en « état d’endormissement » au moment des faits.
L’affaire a éclaté suite à son arrestation en 2017, après qu’une plainte pour viol ait été déposée par une voisine de six ans à Jonzac, en Charente-Maritime. Les enquêteurs avaient alors découvert sur ses ordinateurs des journaux intimes où Le Scouarnec recensait de nombreuses victimes. Manon Lemoine, porte-parole du collectif des victimes, a déclaré : « On sait que cette affaire est une sorte de puits sans fond. »
Le collectif des victimes a également exprimé son mécontentement quant aux conditions de divulgation de ces nouveaux éléments. Manon Lemoine a affirmé que « la justice continue à notre sens de maltraiter les victimes » en n’informant pas leurs avocats avant la communication du parquet. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, doit rencontrer des victimes de Joël Le Scouarnec à Vannes ce vendredi. Par ailleurs, la procureure de la République a sollicité une association d’aide aux victimes pour organiser un temps d’information et d’échanges dans les semaines à venir.
