
Morosité au Marché Central de Tunis : prix des fruits et légumes rebutants !
L’ambiance au marché central de Tunis, autrefois vibrant de vie, témoigne d’une morosité croissante. Les cris des marchands et l’agitation habituelle semblent désormais appartenir à un passé révolu. Les clients, en quête de fruits et légumes, doivent faire face à des prix exorbitants, atteignant jusqu’à quatre fois ceux pratiqués ailleurs. Cette réalité, partagée par tous, affecte également les commerçants.
Le vendredi 7 août 2026, alors que l’horloge approche de midi, le marché central, habituellement animé en cette période, est étonnamment désert. Les clients, qui d’ordinaire affluent pour leurs courses hebdomadaires, se comptent sur les doigts d’une main. Pire encore, certains ne font que passer. Noureddine Hassine, un retraité, témoigne : « Je n’achète jamais les fruits et les légumes au marché central. Les prix y sont gonflés ! Par exemple, les tomates coûtent 660 millimes à Bab el Fella, alors qu’ici, elles sont à deux dinars. L’écart est suffisant pour justifier ma méfiance. »
Le constat ne se limite pas à la clientèle, car le nombre de marchands a également chuté. Un vendeur, qui préfère rester anonyme, révèle que le pavillon, qui comptait autrefois 387 étals, n’en abrite plus qu’une soixantaine aujourd’hui. « Chaque point de vente assurait le revenu d’au moins deux marchands, soit près de huit cents personnes. La situation ne fait que s’aggraver », déplore-t-il.
Les raisons de cette désaffection sont multiples. La hausse des prix incite les clients à se tourner vers des marchés plus abordables, comme celui de Bab el Fella, réputé pour ses tarifs attractifs. Moncef Béjaoui, un marchand de fruits avec près de quarante ans d’expérience, souligne que les prix actuels sont sans précédent. « Les figues et les poires étaient traditionnellement plus chères, mais jamais les autres fruits n’atteignaient des prix aussi élevés. Par exemple, le raisin est à 8dt750, les pommes à 8dt000, et les pêches à 7dt500. » Cette flambée des prix est attribuée à une baisse de la production, conséquence d’un secteur agricole en crise. De nombreux agriculteurs, lassés, abandonnent leurs terres pour des investissements plus lucratifs et moins exigeants.
Les légumes, eux aussi, subissent une inflation, exacerbée par la canicule et la demande croissante du secteur touristique. Ahmed, un marchand de légumes, note que les prix augmentent en raison de la diminution des variétés disponibles. Actuellement, les pommes de terre se vendent à 2dt500 le kilo, les courgettes à 2dt000, et le persil à 800 millimes la botte.
La nostalgie des commerçants pour les jours plus prospères est palpable. Ahmed se remémore une époque où le marché central était animé par des clients venus pour célébrer des événements heureux. « L’ambiance était joyeuse, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Tout semble morose », déplore-t-il. Mokhtar Mekni, quant à lui, reste optimiste et prévoit une reprise de l’activité commerciale à partir de septembre, malgré les vacances et les sorties estivales qui perturbent actuellement le commerce.
