
Sanctions américaines contre la CPI : condamnations de l’ONU, Europe, Japon.
Les récentes sanctions imposées par les États-Unis à l’encontre de la Cour pénale internationale (CPI) suscitent des réactions vives sur la scène internationale. Ces mesures, annoncées la veille, ciblent non seulement la présidente de la CPI, Tomoko Akane, mais également le substitut du procureur, Abdoulaye Seye, un magistrat sénégalais. Elles interdisent notamment aux juges d’entrer sur le territoire américain et bloquent toute opération financière ou immobilière les concernant. Le Haut-Commissariat de l’ONU a exprimé son désaccord sur X, appelant à la levée de ces sanctions jugées inacceptables.
Le soutien à la CPI s’est également manifesté au sein de l’Union européenne. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ainsi qu’Antonio Costa, président du Conseil européen, ont affirmé leur soutien indéfectible à Tomoko Akane, insistant sur la nécessité pour celle-ci d’agir sans pression extérieure. De son côté, le Japon, principal contributeur au financement de la CPI, a exprimé des regrets face à ces sanctions, soulignant son engagement constant envers l’institution et l’importance de l’État de droit.
L’Allemagne a également pris position, affirmant qu’il est essentiel de défendre la CPI comme une institution indépendante. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a réitéré le soutien du pays à la Cour et à sa présidente. En revanche, la CPI a dénoncé ces nouvelles sanctions, les qualifiant de menace pour l’État de droit et d’attaque contre l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a souligné que ces sanctions visaient des personnes ayant contribué aux efforts de la CPI dans des enquêtes contre des responsables non reconnus par le gouvernement américain.
Les États-Unis, qui n’ont jamais ratifié le traité instituteur de la CPI, ont intensifié leur offensive diplomatique contre l’institution, l’accusant de menacer les intérêts américains. Cette offensive a été particulièrement marquée par des sanctions ciblant plusieurs magistrats de la Cour, notamment en raison d’enquêtes menées contre Israël, un allié des États-Unis. En 2024, la CPI a émis un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, en lien avec la guerre à Gaza.
Suite à l’annonce des sanctions, Netanyahu a félicité Marco Rubio pour ses efforts visant à contrer ce qu’il qualifie d’abus de la CPI. Washington a également fait pression sur ses partenaires pour qu’ils se retirent de la CPI, entraînant des annonces de départs de pays comme le Tchad et le Venezuela. Rubio a exprimé sa conviction que d’autres nations suivront cette tendance.
La CPI, fondée en 1998 et opérationnelle depuis 2002, est confrontée à une crise majeure, exacerbée par les attaques des États-Unis. Le secrétaire d’État américain a affirmé que les actions de la CPI portent atteinte à la souveraineté des États. En réponse, la Cour a déclaré que les sanctions visant ses juges et procureurs compromettent l’État de droit et menacent l’ordre juridique international.
