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Togo : Inquiétudes croissantes pour les deux réalisateurs français arrêtés

Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux documentaristes français de l’émission Les routes de l’impossible, sont incarcérés au Togo depuis le 27 juillet. Ils ont été arrêtés alors qu’ils réalisaient un épisode de leur série dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, accompagnés de Fred Vedomey, leur fixeur local.

Initialement assignés à résidence, les trois hommes ont ensuite été placés en détention provisoire et inculpés pour « fausses déclarations » le 17 août, comme l’indique l’organisation Reporters sans frontières (RSF). Ils se trouvent actuellement au camp d’Agoè Logopé, à proximité de Lomé. Ce mercredi, Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, a exigé leur « libération immédiate ».

Les familles des réalisateurs ont exprimé leur profonde inquiétude par le biais d’un communiqué de RSF. Elles ont déclaré : « Nous sommes bouleversés par la privation de liberté que subissent au Togo nos compagnons, nos pères, nos fils et nos frères », soulignant leur « immense inquiétude, notamment pour leur santé ». Selon RSF, Sebastian Perez Pezzani souffre de « graves problèmes de santé, nécessitant une prise en charge immédiate ». Patrice Lucchini, directeur général de Tony Comiti Productions, a ajouté que l’un des réalisateurs « est malade » et « risque une septicémie ».

L’arrestation aurait eu lieu près de Kara, dans une zone où les réalisateurs avaient été déconseillés de se rendre. Patrice Lucchini a cependant précisé que leur production était « en règle », affirmant qu’ils avaient obtenu une « autorisation de tournage » auprès du ministère de la Culture et déclaré leur matériel à la douane.

De son côté, la Haute autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) du Togo a déclaré n’avoir reçu « aucune demande d’accréditation concernant ces deux personnes, ni par France Télévisions, ni par les intéressés eux-mêmes, comme le prévoient les textes ». Elle a également indiqué ne pas avoir été « informée de l’arrivée sur le territoire des deux personnes dont elle ignore le statut professionnel, ni des activités de tournage qu’elles devraient mener, notamment dans la partie septentrionale du pays ».

La HARC a précisé qu’il revient à la justice de déterminer « les circonstances de la présence des intéressés sur le territoire national, la nature de leurs activités ainsi que, le cas échéant, les faits qui leur sont reprochés ». Le Togo, sous la présidence de Faure Gnassingbé depuis 2005, après 38 années de règne de son père Eyadéma, se classe 97e sur 180 pays dans le rapport annuel de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.