Belgique

Une centaine de lieux à Bruxelles pour remplir sa gourde gratuitement.

Dans le centre-ville de Bruxelles, deux jeunes filles suivent une pause désaltérante dans la rue Haute, où l’une d’elles explique en anglais qu’elles viennent de Shanghai, en Chine. Selon la Ville de Bruxelles, « c’est un projet qui est récent, qui a un peu plus d’un an », et le chef de cabinet indique qu’ils veulent intensifier la communication à ce sujet.


Le soleil brille intensément ces jours-ci à Bruxelles, et dans le centre-ville, les touristes s’arrêtent souvent pour sortir leur gourde. Deux jeunes filles, faisant une pause rafraîchissante sur un banc de la rue Haute, au cœur du quartier historique des Marolles, témoignent de cette chaleur. « Moi, j’ai du café glacé », indique l’une d’elles en anglais. « Nous venons de Shanghai, en Chine. Mon amie, elle, a de l’eau dans sa gourde. »

Interrogées sur ce qu’elles feraient si elles devaient remplir leurs gourdes, elles répondent : « Nous sommes passées à côté d’une petite fontaine il y a quelques minutes, mais on ne savait pas si l’eau était potable. Donc, on n’y a pas touché. Si on a vraiment soif, je pense qu’on essaiera de les remplir en allant aux toilettes. Mais peut-être aussi qu’on attendra plus tard d’être de retour à l’hôtel. »

À quelques mètres de ces jeunes filles, un magasin de savons affiche un autocollant vert sur sa porte, indiquant « ici remplis ta gourde » en français, néerlandais et anglais. Les touristes admettent qu’elles ne l’avaient pas remarqué. Dans le magasin, Lise, la jeune vendeuse, confirme que peu de gens semblent informés : « En fait, je pense qu’il y a très peu de gens qui le savent et, donc, très peu de gens qui demandent. La seule fois où j’ai eu des gens qui m’ont demandé de remplir leur gourde, je leur ai dit oui, qu’on acceptait de remplir les gourdes et que c’était écrit sur la porte. Ils m’ont dit qu’ils ne l’avaient pas vu. »

En un peu plus d’un an, elle n’a reçu qu’une seule demande. Son patron, Sébastien, avoue qu’il n’a pas été beaucoup plus sollicité : « J’ai dû remplir cinq à six fois une gourde depuis le lancement. C’est vrai que ce n’est pas énorme, mais bon. Pourtant, on a mis un petit lavabo en plein milieu du magasin, donc c’est pratique. Parfois, je mets moi-même aussi un peu d’eau devant la porte pour les personnes qui passent avec un chien. »

À proximité de la Grand-Place, dans un autre magasin dédié aux accessoires médicaux et arborant le même autocollant, les commerçants ont également peu de demandes. Marina, la gérante, explique : « C’est simple, depuis qu’on a accepté de participer au projet, personne ne m’a demandé de remplir une gourde. » Sa collègue confirme : « Moi, non plus. » Elles proposent néanmoins à chaque client un verre d’eau lors des fortes chaleurs, mais admettent qu’aucun client ne vient pour remplir sa gourde. « C’est vrai que le sticker n’est pas très grand sur la porte », ajoute Marina.

A la Ville de Bruxelles, les responsables appellent à la patience. « C’est un projet qui est récent, qui a un peu plus d’un an, et c’est seulement depuis le mois de juin de cette année que nous avons intensifié vraiment la communication là-dessus », souligne Jose Vanobost, le chef de cabinet de l’échevin Frederik Ceulemans, en charge du climat. « On voulait attendre d’avoir dépassé la centaine de lieux partenaires. Ce qui est fait maintenant. On en a sur tout le territoire, à Laeken ou à Haren également. Et c’est assez varié. On a des pharmacies, des commerces, mais également des bâtiments de l’administration de la ville de Bruxelles, comme les maisons de quartier. Ce sont des stickers d’une quinzaine de centimètres qui ont été distribués et qui sont souvent sur la porte ou sur une vitrine du commerce. L’objectif qu’on a, c’est vraiment beaucoup de plus communiquer pour dire que ça existe, notamment vers les touristes. On doit travailler là-dessus dans les mois qui viennent. Ces dernières semaines, on a été aussi en contact avec d’autres communes qui sont intéressées par le développement d’un dispositif similaire sur leur propre territoire. Ici, c’est vraiment le lancement. On veut encourager des comportements durables en réduisant notamment l’utilisation des bouteilles jetables. Donc, c’est aussi moins de déchets au final dans la ville. »

La municipalité fournit les stickers, mais ne couvre aucun autre coût. Ce sont les commerçants qui acceptent de donner leur eau, espérant également que les visiteurs deviennent des clients potentiels. La liste des membres de ce « réseau gourde » est disponible sur une carte en ligne qui répertorie aussi toutes les fontaines et points d’eau. À noter que, selon la Ville, l’eau y est toujours potable, sauf si un panneau l’indique explicitement.