Belgique

Coalition des volontaires : levier d’action ou simple symbole ?

L’Ukraine manque aujourd’hui d’intercepteurs pour ses systèmes Patriot, indispensables pour contrer les missiles balistiques russes. Créée en février 2025 à l’initiative de la France et du Royaume-Uni, la Coalition des volontaires rassemble des États décidés à poursuivre leur soutien à l’Ukraine tout en réfléchissant aux garanties de sécurité qui pourraient être mises en place le jour où un cessez-le-feu durable deviendrait envisageable.


L’Ukraine se retrouve en manque d’intercepteurs pour ses systèmes Patriot, essentiels pour contrer les missiles balistiques russes. Les bombardements, en particulier sur Kiev, se sont intensifiés ces dernières semaines, tandis que l’armée ukrainienne continue de cibler des infrastructures stratégiques russes.

Lors du dernier sommet de l’OTAN, Volodymyr Zelensky a de nouveau appelé à un renforcement des moyens de défense aérienne. Donald Trump a depuis donné son accord pour permettre une future production de systèmes Patriot américains en Ukraine. Bien que cela représente une avancée diplomatique, les effets ne se feront pas sentir avant plusieurs mois. À court terme, Kiev demeure largement dépendant du soutien de ses alliés.

Créée en février 2025 à l’initiative de la France et du Royaume-Uni, la Coalition des volontaires regroupe des États engagés à continuer leur soutien à l’Ukraine tout en réfléchissant aux garanties de sécurité envisageables si un cessez-le-feu durable devait être établi.

Malgré son nom, cette coalition n’est pas une nouvelle alliance militaire comme l’OTAN, ni une force destinée à combattre directement les troupes russes. Elle envisage divers scénarios, tels que la poursuite de la formation de l’armée ukrainienne, le renforcement de ses capacités militaires, d’éventuelles missions de réassurance terrestre, aérienne ou maritime, et la protection de certaines infrastructures.

Toutefois, ces mesures ne pourraient être mises en œuvre que dans un cadre juridique précis et à la demande des autorités ukrainiennes. Alain De Neve, chercheur à l’Institut royal supérieur de Défense, souligne qu’il est important de garder à l’esprit que « Aujourd’hui, il n’y a aucune promesse, aucune ligne d’action arrêtée. Pour l’instant, ce ne sont que des consultations. Chacun vient écouter ce que les autres ont à dire. »

En d’autres termes, la Coalition des volontaires n’a à l’heure actuelle aucun pouvoir propre. Les décisions concrètes relèvent des États qui la composent.

Le sommet des 37, organisé à la veille de la fête nationale française, revêt une importance certaine. Accueillant à Paris non seulement les pays membres de la Coalition des volontaires, mais aussi Ursula Von der Leyen, des représentants militaires de l’OTAN et certains de ses États membres, ce rassemblement est perçu comme un symbole fort pour Emmanuel Macron. Selon les spécialistes, cette réunion a pour but d’avoir un impact politique significatif.

Il est rappelé que les défilés militaires organisés ces dernières années ont eu un poids symbolique. Donald Trump a, à deux reprises, utilisé ces événements pour affirmer la puissance des États-Unis, notamment lors du 250e anniversaire du pays, pour faire passer des messages importants. De même, la Russie a organisé un impressionnant défilé militaire en 2025, bien que celui de 2026 ait été plus discret. La Chine, en septembre 2025, a aussi montré sa force lors d’un défilé militaire rigoureux mettant en avant ses capacités futures.

La place des défilés militaires est cruciale, et le fait que cette réunion se déroule avant un tel événement est considéré comme fondamental.

Au niveau européen, le président français évoque, sous-jacent, l’idée d’une Europe stratégique, « une sorte de coalition de tous ceux qui vont de l’avant », selon Alain De Neve. La guerre en Ukraine en représente le « casus belli », « l’expression de sa première concrétisation ».

Cependant, une question demeure : quelle est la véritable signification de cette ambition d’une « Europe stratégique »? Les avis divergent encore entre les capitales européennes. Alain De Neve note : « Je ne suis pas certain que tous les pays autour de la table partagent la même définition de ce que doit être cette Europe stratégique. »

En l’absence de capacités propres, la Coalition des volontaires ne constitue donc pas, pour le moment, une alternative à l’OTAN. Elle apparaît plutôt comme un cadre politique pour coordonner les initiatives des États les plus investis auprès de l’Ukraine et potentiellement comme le laboratoire d’une future défense européenne.

Pendant ce temps, Moscou observe avec méfiance cette initiative. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié le groupe de « coalition des va-t-en-guerre », accusant les pays occidentaux de vouloir prolonger le conflit et de maintenir l' »illusion » d’une défaite stratégique infligée à la Russie.