Belgique

Soins de santé : le modèle belge est-il en danger ?

Un document de l’Inami fait état d’économies potentielles dans les soins de santé de 6 milliards d’euros. Le gouvernement souhaite économiser 10 milliards d’euros.


Une note particulièrement pertinente pour le MR et la N-VA

Ce nouveau document, publié par L’Écho et De Tijd, provient de l’Inami. Il n’a pas été produit par hasard ni distribué aléatoirement à la presse. Ce document évoque des économies potentielles dans le secteur des soins de santé de 6 milliards d’euros, un montant considérable. Pour rappel, le gouvernement vise des économies de 10 milliards d’euros.

Selon L’Écho, l’identité du commanditaire de cette note n’est pas clairement établie, mais l’attention se porte sur l’aile droite du gouvernement, notamment le MR ou la N-VA, qui réclament des économies dans les soins de santé depuis plusieurs mois.

Parmi les propositions les plus audacieuses révélées par L’Écho figure l’idée d’introduire une franchise annuelle pour accéder au remboursement des soins de santé. Ainsi, si chaque Belge devait débourser 500 euros de sa poche avant que l’assurance maladie n’intervienne, l’économie pour le budget de l’État pourrait atteindre 4,7 milliards d’euros. Plusieurs niveaux de franchises, excluant les populations précaires, sont à l’étude, entraînant des économies plus ou moins significatives.

Une franchise pour les soins de santé : une révolution

Cette franchise pourrait sembler révolutionnaire pour le système de soins de santé en Belgique. Actuellement, le système repose sur l’universalité d’accès et l’égalité de traitement. Chaque individu a le droit d’être remboursé, qu’il soit riche ou pauvre, jeune ou vieux, dès sa première visite chez le médecin. En remettant en cause le rôle des mutuelles, cela pourrait même marquer la fin du modèle belge de santé. Cependant, cet universalisme est déjà partiellement remis en question. Les patients doivent actuellement payer une partie des frais (le ticket modérateur), et il existe des disparités d’accès aux soins entre les bénéficiaires de l’intervention majorée et les autres, entre ceux qui possèdent une assurance complémentaire et ceux qui n’en ont pas.

D’autres suggestions figurent dans ce document. On évoque à nouveau le nombre de bénéficiaires du statut d’intervention majorée (BIM) : plus de 2,5 millions de Belges y ont droit, soit un cinquième de la population. Plusieurs options sont proposées pour réduire l’usage du système. Une autre idée consiste à doubler le ticket modérateur à la charge du patient : si vous payez 4 euros chez le généraliste, ce sera 8 euros. La liste des propositions est encore étendue, et si l’on additionne toutes ces économies, L’Écho avance un total de 6 milliards d’euros potentiels d’économies. Bien qu’il s’agisse d’un simple ballon d’essai, aucun parti ne l’a encore revendiqué, mais il est désormais présent dans le débat public.

Objectifs de santé pour les prochaines négociations budgétaires

Cela confirme que les soins de santé seront un sujet majeur lors des discussions budgétaires à la rentrée, sous l’impulsion de l’aile droite du gouvernement, le MR et la N-VA. Vooruit, Les Engagés et le CD&V sont parvenus jusqu’à présent à limiter les économies, en acceptant de revoir à la baisse la norme de croissance. Toutefois, il est peu probable qu’ils puissent prolonger cette stratégie de protection indéfiniment. D’autres idées risquent d’émerger avant la grande discussion à la rentrée.