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Séismes au Venezuela : près de 3000 morts, rumeurs d’un enfant.

Le double séisme survenu le 24 juin a fait au moins 2954 morts et environ 6462 personnes ont été secourues depuis ce jour. L’ONU a estimé que le nombre de disparus pourrait atteindre 50.000, mais il n’existe pas de chiffre officiel à ce sujet.

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Des rumeurs avaient ravivé l’espoir de trouver une personne vivante, un enfant. Des influenceurs ont diffusé des vidéos sur les réseaux sociaux depuis Caraballeda, dans l’État de La Guaira, où se concentrent la majorité des victimes et des destructions dues au double séisme ayant causé la mort d’au moins 2954 personnes. Dès jeudi, des équipes américaines se sont rendues sur zone, accompagnées de chiens et d’appareils sensibles pour détecter des sons. Leur diagnostic : personne en vie, selon un secouriste américain contacté par l’AFP.

Cependant, quelques heures plus tard, un volontaire vénézuélien a affirmé avoir entendu des appels au secours au petit matin. Les chiens ne repèrent rien, car l’enfant serait enseveli « trop profondément« , a-t-il déclaré à l’AFP. La rumeur s’amplifie et des militaires encerclent alors la zone, interdisant l’accès à la presse. Vendredi, une équipe de secours espagnole se rend sur place et confirme malheureusement les conclusions des secours américains, a indiqué à l’AFP Katherine Lendoiro, qui a accompagné la famille de l’enfant durant les opérations de recherche. « Il y a des gens qui sont venus faire des TikTok et ça a circulé dans le monde entier« , a déploré un voisin, José Francisco Liendo, âgé de 50 ans, qui ne s’est pas éloigné des lieux, espérant retrouver les corps de son père et de sa sœur.

Ces rumeurs vont jusqu’à affirmer qu’ »il y avait un enfant vivant, que l’enfant respirait, qu’il urinait, qu’il donnait des coups« , s’indigne Katherine Liendo. « À chaque fois que des personnes qui creusent entrent, on leur demande : ‘Tu l’as vu ? ‘ (et ils répondent) ‘Non, je ne l’ai pas vu, mais il est là’. Ils n’arrivent pas à dire la vérité. En fait, ils jouent avec la douleur des familles« , déplore-t-il.

Aloa Gonzalez, 50 ans, continue d’attendre jour et nuit au pied des décombres, espérant extraire les corps de sa sœur et de sa tante. Elle est consternée par les faux espoirs créés par la supposée découverte d’un enfant vivant. « Il y a eu plusieurs versions au sujet des survivants. D’abord, on a dit qu’ils ne pouvaient pas atteindre les personnes, qu’il n’y avait aucun moyen, aucune façon, qu’il n’y avait pas de passage possible« , explique-t-elle. Ensuite, on a affirmé qu’ »ils ne savaient pas si c’était un garçon ou une fille, un homme ou une femme. On disait qu’il avait soi-disant donné des coups, qu’il y avait 70% de chances qu’il y ait de la vie là-dessous« , relate-t-elle. « Au début (quand on m’a dit qu’il y avait un enfant) je me suis dit ‘Super, le gamin’. Ma sœur et ma tante sont là-dessous, et si on sauve l’enfant je serais la personne la plus heureuse du monde. Mais ensuite, tous les secouristes sont partis« , confie-t-elle avec amertume.

Depuis le double séisme du 24 juin, environ 6462 personnes ont été secourues. Et un seul rescapé a été retrouvé jeudi, un miracle : Hernan Gil, gardien de parking, a survécu près de huit jours sous les décombres. Il avait été contacté dès lundi, et de l’eau ainsi que de l’oxygène avaient pu lui être fournis par des tubes. Après 72 heures, il est presque impossible de survivre sans apport extérieur. Aucun chiffre officiel n’est disponible pour le nombre de disparus, bien que l’ONU ait estimé qu’il pourrait atteindre 50 000.