
Sécheresse persistante: impacts sur les captages d’eau potable et les cours d’eau
La sécheresse observée en Wallonie et dans plusieurs pays européens pèse déjà sur les cours d’eau et sur certains captages d’eau potable. Selon les éléments rapportés, l’absence de pluies significatives dans les prochains jours pourrait prolonger la situation jusqu’en novembre et accentuer les tensions sur l’approvisionnement.
Une situation qui dure et qui inquiète les météorologues
L’Institut royal météorologique estime que les précipitations attendues dans les dix jours à venir ne suffiront pas à combler le déficit hydrique. Pascal Mormal, météorologue à l’IRM, indique que les tendances des trois derniers mois pourraient placer la période actuelle parmi les plus sèches depuis 1970. Cette appréciation souligne le caractère durable du manque d’eau, au-delà d’un simple épisode ponctuel.
Le Service public de Wallonie suit la situation de près, car les effets se voient déjà dans les cours d’eau. Le niveau de la Meuse est en baisse, ce qui a des répercussions en chaîne sur les prises d’eau et sur les usages qui en dépendent.
Des captages sous pression, notamment à Profondeville
La sécheresse touche aussi l’eau potable. À Profondeville, le captage de Tailfer, alimenté par l’eau de la Meuse, fournit près d’un tiers de l’eau distribuée à Bruxelles. Son gestionnaire, Vivaqua, limite depuis la mi-juillet les volumes prélevés. Si les pluies ne reviennent pas, les restrictions pourraient être renforcées.
Selon Nicolas Yernaux, porte-parole du Service public de Wallonie, la production est déjà descendue à 130.000 m3 par jour. Il précise qu’un passage en phase 2 ramènerait ce volume à 90.000 m3 par jour, ce qui obligerait probablement l’opérateur à utiliser ses réserves. La source ne détaille pas la durée possible de ces mesures, mais elle montre que le réseau est déjà sous tension.
Un phénomène plus large à l’échelle européenne
La situation belge s’inscrit dans un contexte plus vaste. D’après l’analyse citée de l’Observatoire européen de la sécheresse, 58 % du territoire de l’Union européenne, soit près de 2,5 millions de km², ont connu un déficit d’eau en moyenne sur le mois. Ce niveau dépasse de 25 points la moyenne observée pour les mois d’août entre 2012 et 2025, même s’il reste inférieur au pic de 2022.
La France, la Belgique et la Suisse ont connu un mois d’août particulièrement sec, tout comme plusieurs pays d’Europe centrale et orientale. L’étude ClimaMeter citée dans la source ajoute qu’avec le changement climatique d’origine humaine, une sécheresse de trois mois aussi sévère que celle observée entre juin et août 2026 serait environ trois fois plus probable qu’entre 1950 et 1987.
Ce qu’il faut retenir
- L’IRM n’attend pas de pluies importantes dans les dix prochains jours, ce qui entretient le déficit hydrique.
- Le captage de Tailfer, qui alimente près d’un tiers de l’eau distribuée à Bruxelles, est déjà soumis à des restrictions de prélèvement.
- À l’échelle de l’UE, 58 % du territoire ont été touchés par un déficit d’eau sur le mois, avec une forte pression en Europe centrale.
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