
QR – Incendie dans les Fagnes : les pompiers face aux fumées nocives.
Jessy Noirault, un habitant de Bruxelles, s’interroge sur la protection des pompiers face aux dangers des incendies, en particulier ceux survenus dans les Fagnes. Il souhaite comprendre comment ces professionnels sont protégés actuellement et quelles mesures pourraient être mises en place pour l’avenir.
Les incendies de tourbes, comme ceux qui ont récemment touché cette région, sont particulièrement préoccupants. En effet, les fumées générées par ces feux contiennent des substances toxiques en quantité supérieure à celles des autres types d’incendies. Selon Sciensano, l’Institut national de santé publique, ces sols tourbeux, riches en carbone, brûlent lentement et de manière incomplète, ce qui entraîne une production massive de fumée, parfois même sous la surface du sol.
Une image prise le 27 août, près de deux semaines après le début de l’incendie, montre encore des fumées persistantes, indiquant que le feu n’est pas totalement maîtrisé. La pluie, loin d’éteindre les flammes souterraines, semble même aggraver la situation en épaississant la fumée.
Les fumées inhalées par les pompiers contiennent des particules fines, des gaz nocifs et d’autres composés organiques. Parmi ces substances figurent le monoxyde de carbone, qui peut provoquer des intoxications graves, ainsi que des particules PM2.5, si petites qu’elles peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et atteindre le système sanguin. Anne-Claude Romain, directrice du laboratoire SAM à l’ULiège, souligne que ces particules sont invisibles et peuvent avoir des effets dévastateurs sur la santé, notamment en augmentant le risque de maladies cardiovasculaires et de cancers.
Les pompiers, en raison de leur proximité avec les foyers d’incendie et de l’intensité de leur travail, sont particulièrement exposés. Sciensano précise que cette exposition est accrue par l’effort physique, qui augmente la ventilation et, par conséquent, la quantité de fumée inhalée. De plus, ils doivent faire face à des irritants tels que l’acroléine et le formaldéhyde, qui peuvent provoquer des irritations des yeux et des voies respiratoires.
Cette profession a été classée comme « cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer, en raison des risques de développer des cancers liés à l’exposition à des substances toxiques lors des interventions.
Pour se protéger, les pompiers utilisent divers équipements. Quentin Grégoire, président du réseau des zones de secours de Wallonie, explique que l’utilisation d’appareils respiratoires avec masque et bonbonne d’air est une option, mais qu’elle n’est pas toujours pratique pour des interventions longues. Les masques FFP2, qui filtrent au moins 94 % des particules, sont recommandés, bien qu’ils aient été distribués tardivement lors des récents incendies.
Il est également important de surveiller les niveaux de monoxyde de carbone sur le terrain pour protéger les intervenants. Des mesures régulières ont été effectuées, permettant d’éloigner les pompiers des zones à forte concentration de gaz. Deux pompiers ont été hospitalisés pour des malaises, mais les tests ont montré qu’il n’y avait pas d’intoxication au monoxyde de carbone.
À l’avenir, les pompiers continueront d’être suivis par des médecins spécialisés en prévention et protection au travail. Une analyse des procédures de protection est en cours pour déterminer si des ajustements sont nécessaires, et il est probable que des adaptations seront mises en œuvre.
Cet article répond à une question soumise par un lecteur et invite d’autres à poser leurs interrogations pour de futures publications.
