Belgique

N-VA et MR ne feront pas tomber l’Arizona, malgré leur bilan.

Ce lundi 31 août, Paul Magnette a partagé ses idées pour générer 10 milliards d’euros lors de son intervention sur Matin Première. Il a avancé qu’il serait possible de dégager jusqu’à 16 milliards d’euros sans alourdir la charge fiscale des travailleurs et des retraités. Parmi les mesures proposées figurent la réduction du budget de la Défense et l’instauration d’une taxe sur les grandes fortunes. Cependant, cette tâche ne sera pas simple pour les partis de la majorité, qui devront collaborer à cinq pour trouver un consensus. Dorian De Meeûs a souligné que les divergences entre les partis rendent la situation complexe : « Chaque parti a sa solution. Évidemment, mais c’est tout le problème, c’est qu’ils sont cinq partis, et leurs positions, aujourd’hui, sont inconciliables. »

Les négociations budgétaires de l’année précédente avaient déjà mis en exergue les difficultés rencontrées par chaque formation politique à parvenir à des compromis, en raison de leurs promesses électorales. Plus de deux ans après les élections, les partis de l’Arizona doivent encore justifier leurs actions auprès de leurs électeurs. Selon le rédacteur en chef de La Libre, le bilan de la N-VA au sein du gouvernement est loin d’être satisfaisant. Bart De Wever, qui aime jouer un rôle central, ne peut pas se permettre d’échouer, surtout après avoir menacé de démissionner en cas d’impasse budgétaire. « Aujourd’hui, le bilan de la N-VA dans ce gouvernement n’est pas extraordinaire. Il ne faut pas oublier qu’avant tout, c’était remettre le pays sur les rails budgétaires. Et ça, on n’y est pas du tout. Et je dirais que le bilan pour le MR, il est encore moins bon », a-t-il ajouté.

Dorian De Meeûs a également évoqué les engagements des libéraux francophones concernant le pouvoir d’achat, affirmant que les mesures budgétaires actuelles ne répondent pas aux attentes initiales du parti. « Ces personnes qui attendent que le pouvoir d’achat soit dopé, ils n’ont pas grand-chose. Donc en fait, ça serait un côté tête brûlée de la part de Georges-Louis Bouchez d’empêcher qu’il y ait un accord. On sait qu’aujourd’hui, sur la TVA notamment, sur les nouvelles recettes, c’est au MR que ça bloque le plus. »

Pour Martine Dubuisson, il serait inacceptable que le gouvernement chute, surtout dans le contexte des crises que traverse le pays. « Ce ne serait pas acceptable, voire pas digne, qu’ils tombent comme ça au milieu du gué. Ils ont déjà fait des réformes très importantes, ils en ont promis d’autres à la population, ils doivent aller au bout. » Le gouvernement de centre-droit avait initialement promis une cohésion suffisante pour mener à bien des réformes. Une chute entraînerait de nouvelles élections, augmentant le risque de ne pas parvenir à former une nouvelle majorité.

Les derniers sondages indiquent également que la formation d’une coalition gouvernementale serait aujourd’hui plus complexe. Les partis de la majorité, en particulier le MR, devront composer avec des formations avec lesquelles ils ont des désaccords plus marqués. Le MR se trouve donc dans une position délicate, cherchant à respecter ses promesses électorales tout en évitant l’effondrement du gouvernement, ce qui les obligerait à travailler de nouveau avec des partis de gauche.

Concernant les taxes, le MR avait promis de ne pas les augmenter, mais selon Martine Dubuisson, cette option semble être l’une des plus simples envisagées par le gouvernement. Dorian De Meeûs a suggéré que cette hausse pourrait être adoptée de manière à ne pas pénaliser le pouvoir d’achat des citoyens. « On pourrait passer de 21 à 22% sur certains produits, de 6 et de 12 à 9% sur d’autres produits, mais on pourrait avoir des produits essentiels de type alimentaire à 0%. Pour donner un signal, ‘regardez tout ce qui est essentiel descend 0%’. […] Peut-être qu’on peut avoir un compromis comme ça, qui finalement évite la hausse généralisée. »

L’expression utilisée par Bart De Wever pour décrire la réforme de la TVA a marqué les esprits, et il est probable que le Premier ministre espère cette fois-ci obtenir des résultats concrets.