Belgique

Reprise du site Audi à Forest : 3000 emplois, promesse crédible ?

La reconversion du site Audi à Forest, qui a fermé ses portes en février 2025, pourrait donner lieu à la création de 3000 emplois. Ce chiffre, qui correspond à l’effectif de l’usine à l’époque de sa fermeture, est jugé réaliste par la fédération Agoria, représentant les entreprises technologiques. Brieuc Jansens, son manager, souligne cependant que la création de ces postes se fera progressivement : « Ce n’est pas certain, on ne va pas se mentir non plus. Ce qui est par contre certain, c’est que cela se fera au fur et à mesure, il n’y aura pas un employeur qui va arriver et offrir 3000 emplois. Mais toutes les planètes sont alignées pour faire quelque chose de beau. »

La question demeure de savoir qui bénéficiera réellement de ces nouveaux emplois. L’usine, située à la périphérie de Bruxelles, employait principalement des travailleurs wallons et flamands. Avec un taux d’emploi dans la capitale parmi les plus bas du pays, les syndicats y voient une occasion de dynamiser le marché de l’emploi bruxellois. Benoît Dassy, secrétaire régional de la CSC, exprime l’espoir que le futur développement industriel du site favorisera le recrutement local : « Vu le profil d’activité de type productif et industriel qu’on espère pouvoir développer sur le site, on a bon espoir de pouvoir orienter le recrutement davantage vers le bassin bruxellois. »

Les syndicats insistent également sur l’importance de diversifier les activités sur le site pour éviter de reproduire les erreurs du passé. Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles, souligne la nécessité d’éviter qu’une seule entreprise ne s’installe sur le site : « Il faut absolument ne pas avoir une seule entreprise qui s’établit sur le site pour éviter ce qu’on a connu avec Audi. S’il y a une faillite ou une délocalisation, il faut éviter que tout l’emploi du site ne soit conditionné à un seul repreneur. »

Le choix d’un repreneur belge est également salué par le syndicat ACV Metea, qui estime que cela favorisera un meilleur ancrage local. Jan Baetens, secrétaire syndical, déclare : « Un acteur belge est mieux pour l’ancrage. Ils connaissent également mieux le marché local. » De son côté, l’Union des Classes moyennes (UCM) voit dans cette reconversion une opportunité pour les petites et moyennes entreprises, leur permettant de collaborer avec de plus grands acteurs et de renforcer l’économie productive de Bruxelles : « Ce projet devient un levier majeur pour renforcer l’économie productive bruxelloise et maximiser les retombées en matière d’emplois non délocalisables. »