Belgique

Préparation aux vagues de chaleur : mesures des ministres de la Santé

La Belgique a enregistré une surmortalité de 39%, soit 1222 décès, entre le 18 juin et le 29 juin, selon le Risk Management Group (RMG). La Conférence interministérielle Santé public a formulé des priorités pour la prochaine canicule, incluant une meilleure protection des personnes vulnérables et une évaluation plus détaillée de la situation.


Après la vague de chaleur que la Belgique a connue durant la seconde moitié de juin, la Conférence des ministres de la Santé, réunie ce mercredi, a examiné les derniers chiffres concernant la surmortalité enregistrée durant cette période. La canicule de juin a eu des impacts significatifs sur la santé et même sur la vie des citoyens. Dans un premier bilan établi début juillet, le Risk Management Group (RMG) avait annoncé que la Belgique avait enregistré une surmortalité de 39 %, soit 1222 décès, entre le 18 et le 29 juin. Les récentes statistiques de Sciensano, dévoilées le 8 juillet, montrent une situation encore plus préoccupante.

Dans ce contexte, la Conférence interministérielle Santé publique s’est également penchée sur les recommandations du RMG, l’organe chargé d’analyser les risques sanitaires pour la population et qui a évalué la canicule de fin juin. Le RMG a formulé dix recommandations à court terme et neuf recommandations à plus long terme.

L’évaluation du RMG concernant le dernier épisode caniculaire montre que les différentes phases du « plan Fortes chaleurs et pics d’ozone » ont été mises en place de manière adéquate et en temps utile. Les différentes phases – vigilance, avertissement et alerte – ont été déclenchées sur la base de paramètres tels que la température et l’ozone, communique la CIM.

Lors des phases de vigilance et d’avertissement, les deux premières phases, l’accent a été mis sur la prévention et la sensibilisation.

La troisième phase, celle de l’alerte, a nécessité des actions plus poussées. Il fallait ainsi suivre quotidiennement la pression sur les numéros d’appel d’urgence 112 et 1733, ainsi que disposer d’informations sur l’afflux dans les services d’urgence et dans les hôpitaux. Lorsque cela était nécessaire, la capacité des soins a été renforcée, et des plans de chaleur locaux ont été activés dans les établissements de soins, expliquent les autorités.

De plus, durant cette phase d’alerte, les plans locaux liés à la chaleur dans les établissements médicaux ont été engagés, des analyses de risques ont été réalisées pour les événements, et des mesures préventives ont été mises en œuvre, telles que la distribution gratuite d’eau potable, la création de zones d’ombre et le soutien médical. La communication avec la population a été intensifiée et mieux ciblée.

Cependant, durant cette vague de chaleur, la phase de crise fédérale n’a pas été déclenchée.

En vue d’une éventuelle future vague de chaleur, la Conférence interministérielle Santé et le Risk Management Group ont établi une série de priorités.

La CIM appelle à une évaluation plus complète de la situation. Il est nécessaire, communique-t-elle, d’une « analyse multisectorielle approfondie », en collaboration avec tous les secteurs concernés.

Selon la CIM Santé, il faudra également adapter la capacité des centrales d’urgence (112) en fonction des pics d’appels prévisibles. Dans la mesure du possible, le numéro d’urgence des services de garde médicale (1733) pourra également être temporairement renforcé pour désengorger le 112.

La Conférence interministérielle prône aussi une meilleure protection des personnes vulnérables : « les initiatives existantes visant à contacter les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées isolées, doivent être renforcées et mieux coordonnées », estime-t-elle. À ce sujet, le RMG envisage par exemple le rôle que pourraient jouer les communes, les mutuelles et les organisations sociales afin de prendre contact avec ces populations isolées pour s’assurer de leur bien-être et leur offrir de l’aide si nécessaire.

L’accès à des espaces frais doit également être assuré. Dans la mesure du possible, les infrastructures publiques et privées offrant des espaces frais devront être accessibles aux groupes vulnérables, avec un accès gratuit à l’eau potable. Cela englobe des lieux tels que des bâtiments religieux ou d’autres bâtiments publics et privés, offrant un environnement frais pour le public en difficulté face à la chaleur.

Enfin, la CIM demande à ce qu’une analyse des risques plus stricte soit effectuée pour les événements, y compris ceux de taille plus modeste, en prêtant une attention particulière aux capacités de secours disponibles et à des points tels que la protection contre la chaleur, par exemple par la distribution d’eau et la mise en place de zones d’ombre.

À plus long terme, la Conférence interministérielle demande également au RMG, l’organe du SPF Santé publique chargé des urgences, de développer un plan « fortes chaleurs et pics d’ozone » plus détaillé et mieux intégré.

Cela devrait s’appuyer sur les recommandations de l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé, qui préconise aux pays de mettre en place des plans pour se préparer à faire face à la chaleur. Il s’agit d’y inclure tout ce qui concerne la gouvernance, les autorités nationales et locales, ainsi que d’autres domaines tels que les soins de santé, la protection sociale, le milieu du travail, les collectivités d’enfants ou les acteurs de la mobilité.

Les autorités visent aussi à préciser les rôles de différents acteurs en cas de phase d’alerte ou de phase fédérale de crise. Il s’agira de clarifier les responsabilités du Risk Management Group, du Centre national de crise, des centres de crise régionaux, ainsi que des gouvernements des Communautés et Régions.

Un premier état des lieux des travaux est attendu à la Conférence interministérielle Santé de septembre.