Belgique

Namur : la Sambre est-elle devenue vert fluo ?

Impossible de la manquer. Depuis plusieurs jours, la Sambre a changé de couleur. À la surface de l’eau, des algues forment par endroits un véritable tapis végétal.

Un mélange de lentilles d’eau, d’algues et de cyanobactéries

Des prélèvements effectués mercredi à la confluence de la Sambre et de la Meuse par le biologiste Guy Bouxin, docteur en botanique, ont permis d’identifier plusieurs organismes aquatiques. On y retrouve notamment des lentilles d’eau, des algues vertes, mais aussi plusieurs espèces de cyanobactéries.

Ces micro-organismes prolifèrent particulièrement dans les eaux chaudes, peu brassées et riches en nutriments. Des conditions réunies ces dernières semaines en raison du manque de pluie et des températures élevées.

Et si la plupart des organismes observés sont inoffensifs, certaines cyanobactéries peuvent présenter des risques pour la santé humaine et animale. C’est notamment le cas de Microcystis aeruginosa, une espèce potentiellement toxique identifiée dans les échantillons analysés.

Des conditions favorables à leur prolifération

La baisse du débit des cours d’eau entraîne un ralentissement du courant et une hausse de la température de l’eau, deux éléments qui favorisent le développement des cyanobactéries. À cela s’ajoute la présence de nutriments dans l’eau.

Une partie des eaux usées domestiques est encore rejetée dans les cours d’eau wallons. Associées aux fortes chaleurs et au faible courant, elles constituent un environnement propice à la prolifération de certains micro-organismes. Pour Frédéric Mouchet, coordinateur du Contrat de rivière Haute-Meuse, la présence de cyanobactéries invite à la prudence, mais c’est surtout la sécheresse qui suscite l’inquiétude.

Une biodiversité fragilisée

Le manque de précipitations a des conséquences importantes sur l’ensemble des cours d’eau wallons. Les niveaux d’eau sont particulièrement bas à plusieurs endroits et certains tronçons commencent à s’assécher.

Cette situation fragilise également la faune aquatique. Lorsque l’eau se réchauffe, elle contient moins d’oxygène, ce qui met en difficulté certaines espèces de poissons. Les truites, qui ont besoin d’une eau fraîche et bien oxygénée, sont particulièrement sensibles à ces conditions.

Le phénomène observé ce mercredi sur la Sambre n’est donc qu’une des conséquences visibles de la sécheresse qui touche actuellement les cours d’eau wallons. Par prudence, il est recommandé de ne pas laisser les animaux domestiques boire l’eau de la Sambre ni s’y baigner. Pour rappel, la baignade y est interdite.