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Donald Trump signe un accord sur le nucléaire civil en Arabie saoudite, malgré le conflit avec l’Iran.

Dans un communiqué, le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, déclare que l’accord « jette les bases juridiques d’un partenariat de plusieurs décennies » destiné à « renforcer les relations commerciales entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, à assurer la prospérité chez nous et la sécurité de nos alliés à l’étranger« .

Ce partenariat entre les deux nations permettra « de développer les exportations américaines de technologies nucléaires » et de « créer des emplois bien rémunérés aux Etats-Unis« , précise le document.

Il pave la voie à la construction de centrales nucléaires en Arabie saoudite, qui dépend actuellement des centrales au gaz et au pétrole pour sa production d’électricité.

L’accord a été signé par M. Wright et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz ben Salmane. Il doit encore être soumis au Congrès américain, mais celui-ci, à majorité républicaine, ne devrait pas s’opposer à sa mise en œuvre.

Cette annonce intervient alors que le conflit armé a repris entre les Etats-Unis et l’Iran, rival de Ryad.

En s’engageant aux côtés d’Israël fin février, Washington a déclaré vouloir empêcher définitivement Téhéran de se doter de l’arme atomique. La République islamique dément cette intention, tout en affirmant son droit au nucléaire civil.

Les médias américains avaient fait état de la signature de l’accord avec l’Arabie saoudite en début de journée.

Contacté par l’AFP, le constructeur américain de réacteurs nucléaires Westinghouse Nuclear n’a pas répondu immédiatement. Cependant, son PDG Dan Sumner a réagi auprès de la chaîne CNBC, qualifiant cet accord de « d’étape majeure » et estimant qu’il allait renforcer la sécurité énergétique et accroître les opportunités pour l’industrie américaine.

De son côté, le sénateur démocrate Chris Murphy a exprimé ses inquiétudes, affirmant que cette entente pourrait « déclencher une course nucléaire dans la région, dissuadant davantage l’Iran de limiter son propre programme » nucléaire.

Selon le Wall Street Journal, une clause stipule que des entreprises américaines pourraient construire un complexe d’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe conclut à sa nécessité.

Dans son communiqué, le ministère américain souligne le respect des « normes les plus strictes en matière de sûreté nucléaire et de non-prolifération« .

Matthew Kroenig, ancien responsable du ministère de la Défense et chercheur à l’Atlantic Council, a déclaré plus tôt dans la journée que « Washington a raison de renforcer ses relations avec Ryad, mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’efficacité de ses normes en matière de non-prolifération des armes nucléaires« . Il a insisté en disant que « ce serait donc une erreur d’autoriser l’enrichissement en Arabie saoudite« .

Des parlementaires américains, tant républicains que démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu’il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, lors d’une réunion de l’Asean, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a refusé de confirmer l’existence d’un tel accord.

Il a néanmoins assuré que les Etats-Unis « ne concluraient jamais d’accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération » nucléaire.

L’Arabie saoudite revendique depuis longtemps son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord relatif au nucléaire dans une stratégie plus large, incluant la normalisation des relations avec Israël et la signature d’un pacte de défense.

Le pays a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui, cependant, n’enrichissent pas d’uranium.