Tunisie

Ennasr 2 : un chantier à l’arrêt depuis 2 ans et demi menace les riverains

Un chantier commercial, à l’arrêt depuis deux ans et demi dans le quartier d’Ennasr 2, est devenu une source d’inquiétude majeure pour les habitants. Les grues instables, les câbles pendants et les matériaux éparpillés constituent une menace directe pour les passants, en particulier les enfants qui s’aventurent dans ce site non sécurisé, situé à proximité d’une école primaire et d’une route très fréquentée. Les riverains, de plus en plus alarmés, attendent une intervention rapide des autorités locales.

La suspension des travaux est officiellement attribuée à des litiges judiciaires qui ont placé le chantier sous administration judiciaire, entraînant un gel indéfini du projet. Toutefois, pour les résidents, la question n’est plus d’ordre juridique mais bien sécuritaire. « La situation actuelle ne peut plus attendre », a déclaré Abdelhamid Thabet, président de l’Association citoyenneté à Riad Ennasr, qui a dénoncé l’insuffisance des mesures de protection le long de la voie publique. Il appelle à « la mise en place de la protection nécessaire du site en attendant la régularisation de sa situation ».

Les témoignages des habitants révèlent des dangers concrets. Plusieurs d’entre eux ont signalé que l’accès facile au bâtiment, notamment par les enfants, est accentué par la présence de sous-sols potentiellement dangereux. Sadok Boukhris, gardien de l’école voisine, a souligné que « l’entrée des élèves dans le bâtiment est très probable et constitue un danger réel pour leur sécurité ». De son côté, Youssef Amamri, gardien de jour du chantier, a rapporté avoir observé à plusieurs reprises des enfants pénétrer dans l’immeuble, tout en ajoutant que les gardiens eux-mêmes subissent des retards de salaire.

Les inquiétudes se sont déjà concrétisées par des incidents. Moncef Amri, un habitant du quartier, a signalé des dommages causés à des voitures par la chute de structures métalliques lors d’une tempête. « La situation dépasse le stade des appréhensions », a-t-il averti, mettant en lumière le risque que des grues ou des matériaux tombent sur les passants, en l’absence totale de barrières de protection le long de la route.

En réponse à cette pression croissante, une source locale a informé l’agence TAP qu’une « coordination sera effectuée entre les services compétents afin de prendre les mesures nécessaires à cet effet dans les plus brefs délais ». Les riverains, qui ont multiplié les correspondances et les plaintes, espèrent désormais des actions concrètes pour éviter qu’un drame ne vienne aggraver la situation.