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Liban, Ormuz, nucléaire : progrès timides après négociations Américains-Iraniens.

Les délégations iranienne et américaine se sont mises d’accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, selon un communiqué des gouvernements pakistanais et qatari. Les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.106 morts depuis début mars, selon Beyrouth, tandis que l’armée israélienne a recensé 36 militaires tués.


Iraniens et Américains ont convenu de mécanismes destinés à mettre fin aux affrontements au Liban et à sécuriser le détroit d’Ormuz, ont annoncé ce lundi les médiateurs pakistanais et qatari, à l’issue de la première séance de négociations en Suisse pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient.

Réunies dans un hôtel de luxe à Bürgenstock, dans les Alpes suisses, les délégations iranienne et américaine ont réalisé « des progrès encourageants », selon un communiqué conjoint des gouvernements pakistanais et qatari. Elles ont « établi une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, posant ainsi les bases d’un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques » pour le reste de la semaine.

« Les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques ne sont plus restreintes », a annoncé le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui fait partie de la délégation de son pays en Suisse. Il a souligné que « la médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs pour mettre un terme à la guerre au Liban ». Araghchi a ajouté que « le blocus est levé, certains avoirs gelés sont débloqués, et un plan de reconstruction et de développement majeur de l’Iran a été lancé », se réjouissant des points du protocole d’accord signé le 17 juin par Washington et Téhéran.

Les Etats-Unis, dont la délégation est conduite par le vice-président JD Vance, n’ont pas encore réagi.

Selon le communiqué du Pakistan et du Qatar, Téhéran et Washington mettront en place une « cellule de gestion des conflits » pour mettre fin aux combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban, qui ont compliqué les négociations.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont persisté vendredi et samedi au Liban, malgré une clause du protocole d’accord prévoyant la cessation des hostilités sur tous les fronts. En représailles, Téhéran a annoncé samedi une nouvelle fermeture du détroit stratégique d’Ormuz, par où passait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures.

Pour éviter les incidents et les malentendus, les Etats-Unis et l’Iran établiront une « ligne de communication » « avec l’objectif d’assurer un passage sûr pour les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz », indiquent le Pakistan et le Qatar dans leur communiqué.

Ces annonces ont entraîné une baisse des prix du pétrole. Vers 03h25 GMT, le prix du baril de WTI nord-américain a chuté de 0,20% à 75,70 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, a reculé de 1,41% à 79,43 dollars.

La cellule de prévention au Liban sera « le premier test réel », a commenté M. Araghchi.

Signe possible de détente, Israël a annoncé la levée, à partir de lundi matin, de toutes les restrictions de rassemblement liées à la guerre dans le nord du pays, près de la frontière avec le Liban. Cependant, l’armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire », a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. De son côté, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté toute zone de sécurité israélienne dans le sud de son pays.

Les opérations israéliennes au Liban ont causé 4.106 morts depuis le début de mars, selon Beyrouth. L’armée israélienne a déploré la perte de 36 militaires.

Selon l’agence officielle iranienne Irna, la délégation iranienne a quitté la table des négociations en Suisse après seulement une heure et vingt minutes dimanche, en réponse à « la publication d’un message insultant du président des Etats-Unis ». Toutefois, les négociations ont continué via les médiateurs.

Le coup d’éclat iranien a été provoqué par un message du président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, dans lequel il exhortait Téhéran à empêcher ses alliés au Liban, en référence au Hezbollah, de « causer des problèmes », sous peine de voir les Etats-Unis reprendre leurs frappes.

 » Ils feraient mieux de peser leurs mots; nos forces armées sont prêtes à leur répondre autrement », avait répondu sur X le chef de l’équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Conformément au protocole d’accord du 17 juin, les deux parties doivent « se garder de menacer d’avoir recours à la force l’une contre l’autre » lors des discussions. Celles-ci doivent aboutir, dans un délai de 60 jours renouvelables, à un accord final pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février, et qui a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Les différends portent également sur le programme nucléaire de Téhéran, qui empoisonne les relations bilatérales depuis des décennies.

Selon la télévision d’Etat iranienne, la question du nucléaire n’a pas été soulevée lors de la première session de discussion. Cette même source a rapporté que la délégation iranienne avait refusé de poser pour une photographie avec la délégation américaine, qui, outre JD Vance, inclut l’émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.

« Néanmoins, nous avons mené des discussions approfondies sur tous les aspects de l’accord sur le nucléaire », a néanmoins déclaré un haut diplomate américain à Bürgenstock dans les premières heures de lundi.