
Les Etats-Unis frappent l’Iran pour la troisième nuit consécutive.
Pendant une mission de cinq heures, « les forces américaines ont frappé des cibles militaires » dans plusieurs villes portuaires du sud de l’Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas. Au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l’AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.
Lors d’une opération de cinq heures, « les forces américaines ont frappé des cibles militaires » dans plusieurs villes portuaires du sud de l’Iran, telles que Bouchehr et Bandar Abbas, a précisé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) ce matin.
Quatre explosions ont été rapportées à proximité de Bandar Abbas, une ville portuaire située sur le détroit d’Ormuz, selon l’agence de presse iranienne Irna.
Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué une opération à Bahreïn, ciblant notamment un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair. Des sirènes d’alerte avaient été déclenchées plus tôt dans le royaume.
Les Émirats arabes unis ont signalé des attaques de missiles iraniens ayant visé deux de leurs tankers dans le détroit d’Ormuz, entraînant la mort d’un membre d’équipage indien.
Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a déclaré, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, qu’un accord avec l’Iran était encore « possible ».
Il avait précédemment annoncé sur Truth Social que les États-Unis prendraient le contrôle du détroit d’Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli. Ce blocus devrait entrer en vigueur mardi à 20 heures GMT, selon l’armée américaine.
Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a exprimé son souhait de percevoir en échange de la protection du détroit « une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons » transitant par cette voie maritime, ce qui est en contradiction avec le droit international qui garantit la liberté de navigation.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a rétorqué sur X que « l’Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours ».
Donald Trump a commenté : « Il a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz devrait être rémunéré », ajoutant que « 20%, c’est évidemment trop. Nous serons équitables ».
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les États-Unis de nuire à l’approvisionnement mondial en pétrole.
Les prix du pétrole ont bondi lundi, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, grimpant de plus de 9%. Mardi vers trois heures GMT, il enregistrait une hausse de 1,32% à 84,40 dollars.
Après près de 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d’être entériné par un protocole d’accord le 17 juin.
Cependant, depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite, faisant déclarer à Donald Trump que le cessez-le-feu était « terminé ».
La semaine dernière, le président américain a envoyé une notification officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l’Iran avait repris, selon la Maison Blanche.
Pour Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, « il ne fait aucun doute » que le protocole d’accord « est en crise ». Cependant, il a affirmé que « l’Iran n’a jamais été le premier à violer ses engagements » lors d’une conférence de presse à Téhéran.
Les discussions se poursuivent avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman pour « prévenir une escalade ».
Le protocole d’accord prévoyait la réouverture du détroit, mais Téhéran n’autorisant qu’un seul couloir de navigation le long de ses côtes.
« Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d’Iran le protégera », a averti le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.
Selon des médias d’État iraniens, les bombardements américains des derniers jours ont touché de vastes zones de l’ouest et du sud, y compris l’île de Qeshm et Bandar Abbas, ainsi que la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak.
Au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l’AFP basé sur des médias iraniens et des sources officielles.
