Le Leqembi, traitement contre l’Alzheimer précoce, ne sera pas remboursé.
Les patients devront payer plus de 25.000 euros chaque année pour bénéficier du Leqembi, un traitement ne remboursé par la Belgique, selon la décision du ministère de la santé Frank Vandenbroucke. La Commission de remboursement des médicaments (CRM) de l’INAMI a rendu un avis défavorable sur ce traitement en raison de son efficacité jugée trop limitée et des risques supplémentaires associés.
Plus de 25.000 euros, c’est le coût annuel que devront supporter les patients pour accéder au Leqembi, un nouveau médicament ciblant une protéine responsable du développement de la maladie d’Alzheimer. Ce traitement offre un espoir pour certains malades.
Cependant, la Belgique a choisi de ne pas rembourser ce traitement, qui concerne une petite fraction des patients atteints d’Alzheimer. Dans un communiqué, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, explique cette décision en se basant sur l’avis de la Commission de remboursement des médicaments (CRM) de l’INAMI, qui a jugé que « le traitement Leqembi est trop peu efficace » et a récemment émis un avis défavorable à un remboursement éventuel.
La Commission de remboursement des médicaments (CRM) de l’INAMI estime que le traitement Leqembi est trop peu efficace et a rendu récemment un avis défavorable sur un éventuel remboursement.
La Commission s’est prononcée le 19 mai contre le remboursement du Leqembi, en tenant compte de plusieurs facteurs, tels que :
– la valeur thérapeutique du médicament ;
– son prix et la base de remboursement proposée ;
– l’importance du médicament au regard des besoins médicaux des patients ;
– son impact budgétaire pour l’assurance soins de santé ;
– le rapport entre son coût et sa valeur thérapeutique.
Concernant ce traitement pour Alzheimer, l’avis défavorable est fondé sur « l’évaluation du rapport bénéfices-risques du traitement, de son efficacité clinique jugée trop limitée, du lourd fardeau thérapeutique pour les patients et de son coût élevé », précise l’INAMI.
Concernant l’efficacité du Leqembi, les options de traitement pour l’Alzheimer sont peu nombreuses, et ce médicament semblait prometteur. Toutefois, dans le communiqué du ministère de la Santé, Frank Vandenbroucke évoque une efficacité jugée « quasi inexistante » et mentionne des « risques supplémentaires » liés à son utilisation.
Il est important de noter que le Leqembi est destiné à un très petit nombre de patients, au tout début de la maladie. Les effets secondaires soulevés sont préoccupants. Au niveau européen, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait initialement donné un avis défavorable avant de revenir sur sa décision.
Les risques associés au traitement sont bien documentés. Il n’est recommandé qu’aux personnes en phase précoce, sans facteurs de risque. En effet, le Leqembi augmente le risque d’accumulation de liquide dans le cerveau et de saignements cérébraux. « Une partie des patients présente donc un œdème ou des hémorragies cérébrales. Dans de rares cas, ces complications peuvent être graves, voire mettre la vie en danger », souligne le communiqué de ministère de la Santé.
Avant même la décision de l’INAMI, plusieurs neurologues ont exprimé leur désaccord. Dans une lettre adressée au ministre et à l’INAMI, ces professionnels de santé plaident pour un remboursement contrôlé pour des patients « soigneusement sélectionnés ».
« Ils sont pleinement conscients des limites de ces médicaments. Ils ne guérissent pas la maladie. Ils n’en arrêtent pas complètement l’évolution. Ils exigent un diagnostic rigoureux, un suivi spécialisé et une évaluation précise du rapport entre les bénéfices et les risques », affirment ces neurologues.
Malgré ces réserves, ils soulignent que ces traitements « représentent un tournant important. Pour la première fois, nous disposons de traitements qui agissent sur un processus pathologique central de la maladie d’Alzheimer et qui ont démontré, dans des études de phase 3, un ralentissement mesurable du déclin clinique. »
Après des décennies sans traitement, cette nouvelle option représente un progrès, bien que modeste, pour les neurologues. Un refus de remboursement ne ferait pas disparaître ces traitements ; leur accès reposerait uniquement sur la capacité financière des patients. Ils appellent donc à l’élaboration d’un cadre belge d’accès contrôlé.
Parmi les signataires de cette lettre, le docteur Jean-Christophe Bier, neurologue à l’hôpital Erasme, explique la position adoptée : « Nous plaidons pour un accès à ces nouvelles formes thérapeutiques, qui offrent indéniablement une nouvelle voie dans la maladie d’Alzheimer car nous manquons d’outils pour contrer cette maladie. Fermer la porte à ces nouvelles options nous semblerait inadéquat, à condition de bien sélectionner les patients et de définir un bon suivi. »
Cette décision déçoit également l’association Alzheimer Belgique. « Je comprends le désarroi des familles, car dans des maladies comme Alzheimer, tout nouveau médicament est source d’espoir », déclare Marie Bourcy, la directrice de l’association. « Les médecins devraient avoir la possibilité de choisir et de proposer aux patients qui en ont besoin un accès à ce type de médicament. »
À l’heure actuelle, il existe des médicaments qui atténuent les symptômes de l’Alzheimer, mais aucun ne guérit la maladie. Selon Marie Bourcy, « ce médicament aurait permis de gagner du temps et de vivre plus longtemps sans symptômes. »
