France

Prix du carburant : Un retour à la normale n’est pas prévu.

Le baril de Brent s’échangeait autour de 83 dollars lundi, après avoir atteint 94 dollars le 8 juin. Le prix moyen du litre de gazole était de 2,014 euros vendredi 5 juin, contre 2,045 euros la semaine précédente, selon la direction générale de l’Energie et du Climat (DGEC).


Du côté des stations-service, les prix semblent se stabiliser. Mais quand les Français pourront-ils retrouver les tarifs d’autrefois ? Les récentes déclarations du président américain Donald Trump concernant un accord imminent avec l’Iran, officialisé lundi, ont déjà provoqué une baisse des cours du pétrole, entraînant une diminution des prix des carburants. Toutefois, de nombreux experts estiment qu’un retour à la normale n’est pas pour tout de suite.

Le baril de Brent, référence sur le marché pétrolier, a connu une chute de plus de 10 dollars en une semaine : il valait 94 dollars le 8 juin et s’échangeait lundi autour de 83 dollars. Le prix moyen du litre de gazole a diminué de 3 centimes, atteignant 2,014 euros vendredi 5 juin, contre 2,045 euros la semaine précédente, selon la direction générale de l’Énergie et du Climat (DGEC). Le litre de SP95 E10 a également baissé de 6 centimes, à 1,958 euro/l TTC au 5 juin, contre 2,018 euros/l TTC la semaine antérieure.

### Un été en dessous de 2 euros le litre

« Il y a eu uncertainement un retour de confiance ces quinze derniers jours, notamment la semaine dernière », estime Blandine Ruty, secrétaire générale du syndicat de l’industrie pétrolière française (Ufipem). « Ainsi, mécaniquement, les cotations des produits finis [carburants] » sur le marché de référence à Rotterdam « se sont beaucoup détendues cette semaine », a-t-elle ajouté.

Philippe Chalmin, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine et fondateur du cercle CyclOpe spécialisé dans les matières premières, a déclaré lundi sur France Info que « grossièrement, on peut imaginer que les Français passeront leur été probablement en dessous de 2 euros le litre » pour les principaux carburants.

Le gouvernement a l’intention de « s’assurer » que la chute prévue des cours du pétrole suite à l’accord entre les États-Unis et l’Iran soit « bien répercutée à la pompe », a affirmé lundi le président Emmanuel Macron sur TF1.

### « Pour que ça dure, il faut libérer le détroit d’Ormuz »

Cependant, au-delà des signaux positifs concernant la sécurité d’approvisionnement, la demande saisonnière d’essence durant l’été pourrait maintenir les prix, prévient Blandine Ruty. « Pour que ça baisse réellement et que ça dure, il faut libérer le détroit d’Ormuz », a déclaré lundi sur CNews et Europe 1 Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, qui souligne que, pour le moment, rien n’est encore décidé.

Philippe Chalmin, quant à lui, est plus prudent : « Vers la fin de l’année, on pourrait se retrouver […] entre 60 et 70 dollars le baril », un niveau comparable à celui d’avant la guerre. Il souligne cependant que cela ne sera possible « que si l’accord est effectivement signé vendredi, si le détroit d’Ormuz est réouvert, etc. ».