
Le bénévolat dans l’enseignement : soutien aux profs et élèves.
Dans une salle de maternelle de l’école Saint-Louis à Monceau-sur-Sambre, l’importance de Brigitte, bénévole, se fait immédiatement ressentir. Alors que l’enseignante, Madame Justine, tente de rassembler l’attention des enfants pour débuter la journée, une crise de larmes éclate. Brigitte intervient rapidement, prenant l’élève en pleurs sous son aile, permettant ainsi à la classe de retrouver le calme nécessaire pour se concentrer.
Madame Justine souligne l’impact positif de cette collaboration : « Brigitte n’est pas qu’une bénévole, elle est devenue une véritable collègue. Nous formons un duo efficace. Son expérience enrichit ma pratique, et sans elle, j’aurais eu beaucoup plus de difficultés l’année dernière. »
Brigitte, ancienne institutrice à la retraite, a toujours eu le désir de s’engager dans le bénévolat. « Lorsque j’étais enseignante, je réalisais combien il était nécessaire d’avoir des bras supplémentaires dans la classe. Un enfant qui pleure, un autre qui a besoin d’aide pour aller aux toilettes… l’institutrice ne peut pas tout gérer seule. » Pour elle, ce bénévolat est une source de bonheur, lui permettant de se sentir utile auprès des enfants.
Cependant, intégrer une école en tant que bénévole n’est pas si simple. « Il faut oser se présenter dans les établissements et demander s’ils acceptent des bénévoles. Ce n’est pas évident, » confie Brigitte.
C’est alors qu’elle découvre l’ASBL « Les Aidants Bénévoles Scolaires », qui facilite cette démarche. En s’inscrivant, en passant un entretien et en suivant une formation, les bénévoles peuvent être orientés vers une école qui correspond à leurs attentes. Depuis sa création en 2023, l’ASBL a recruté 300 bénévoles et aidé plus d’une centaine d’écoles en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Guénola de Lhoneux, fondatrice de l’ASBL, explique : « Nous avons voulu créer un lien entre les écoles et les personnes prêtes à s’investir. Il y a un véritable engouement, avec plus d’un bénévole qui s’inscrit chaque jour sur notre site. »
Pour répondre aux besoins des écoles, l’ASBL commence par les contacter pour comprendre leurs attentes. « Les demandes varient, mais nous constatons souvent un besoin d’accompagnement en classe, notamment pour les élèves ayant des besoins spécifiques, » précise Guénola.
L’association aide progressivement les écoles à devenir autonomes dans leur recherche de bénévoles. Christine Dauwe, directrice de l’école Saint-Louis, témoigne de l’impact positif de cette initiative : « Nous avons trouvé une solution pour renforcer l’aide apportée aux élèves sans remplacer les enseignants. Avec les réductions de personnel, nous faisons face à des besoins croissants. »
Le bénévolat se révèle être une réponse efficace aux défis rencontrés par les établissements scolaires. Christine explique : « Nos élèves, souvent peu à l’aise avec la langue française, bénéficient d’un accompagnement supplémentaire. Nos bénévoles apportent un soutien précieux, même s’ils n’ont pas de baguette magique. »
Pour garantir un bon encadrement, l’ASBL doit également identifier les bénévoles adéquats. Chaque candidat passe par un entretien, comme Vinciane, une directrice des ressources humaines récemment à la retraite. Elle souhaite s’engager mais veut s’assurer de bien s’intégrer et de ne pas déranger.
Une fois les bénévoles sélectionnés, l’ASBL leur propose une formation pour les préparer à leur rôle. Valentine Wait, gestionnaire de bénévoles, rassure les nouveaux : « Nous abordons le fonctionnement de l’école et la posture à adopter en classe. »
Après cette formation, les bénévoles sont « matchés » avec les écoles, ce qui facilite leur intégration. Valentine souligne l’importance de ce processus structuré pour alléger la pression sur les établissements et les bénévoles.
Septembre est une période chargée pour l’ASBL, avec de nombreux entretiens à réaliser. « C’est la rentrée des bénévoles ! » s’exclame Valentine.
Mais cette initiative soulève la question : le bénévolat est-il une solution durable pour l’éducation ? Guénola répond par l’affirmative, affirmant que le bénévolat favorise la cohésion sociale et répond à des besoins concrets. Brigitte ajoute que les écoles manquent de ressources et que, idéalement, chaque classe devrait avoir deux enseignants.
Christine partage cette vision : « Dans un monde idéal, chaque classe aurait deux enseignants. Malheureusement, le financement ne le permet pas. » Cependant, elle conclut sur une note positive : « Cette expérience a fédéré des énergies au service de nos élèves et de la société. »
