
La FIFA sanctionne l’ingérence politique avec un carton rouge
La Coupe du monde aux États-Unis a été marquée par la première levée d’une suspension automatique après un carton rouge en phase finale. La Fédération belge a critiqué la FIFA dans un communiqué, mais n’a pas dénoncé le traitement réservé aux joueurs de l’Iran ni le refus d’entrée aux États-Unis de l’arbitre Omar Abdulkadir Artan.
Pas de surprise sur les agissements de la FIFA
Il est en effet étonnant de constater à quel point nous sommes surpris, car la FIFA privilégie de plus en plus ses intérêts financiers et politiques au détriment des valeurs qu’elle prétend défendre (fair-play, équité, respect…).
Cette Coupe du monde aux États-Unis a franchi de nouvelles étapes dans cette hypocrisie manifeste. Parmi les éléments significatifs, il y a l’affaire Balogun. Pour la première fois, une suspension automatique après un carton rouge a été annulée lors d’une phase finale de Coupe du monde.
Pas une première ingérence politique en Coupe du monde
Cependant, cela ne constitue pas la première ingérence politique en Coupe du monde. En 1962, un incident similaire, mais encore plus incroyable, s’est produit : l’affaire Garrincha.
Ce joueur brésilien a été expulsé lors de la demi-finale contre le Chili, pays hôte. Bien que le Brésil l’ait emporté, Garrincha a dû être suspendu pour la finale. À l’époque, la décision n’était pas automatique et devait être prise par une commission. Cependant, cette commission n’a pu se prononcer, l’arbitre assistant uruguayen ayant mystérieusement disparu. Sans arbitre, pas de témoignage ; sans témoignage, pas de suspension pour la finale. Les interventions du Chili et du Brésil suscitent de vives suspicions.
Trump à la manœuvre
Les suspicions pèsent également fortement sur les États-Unis et Donald Trump. En effet, celui-ci apprécie particulièrement de montrer son pouvoir : il a remercié personnellement la FIFA pour sa décision. Il a aussi révélé dans la presse qu’il avait directement sollicité le président de la FIFA, Gianni Infantino, quelques heures après la victoire des États-Unis contre la Bosnie.
Selon le New York Times, le gouvernement américain est intervenu directement auprès de la Fédération de football américaine pour l’inciter à contester la décision en engageant des avocats. Or, une telle procédure n’existe pas, d’autres arguments ont alors été présentés par le gouvernement américain. Des arguments très éloignés du sport. Toujours d’après le New York Times, l’arbitre brésilien du match a été accusé de corruption, et les arbitres de la VAR ont été soupçonnés de partialité, en raison de leur nationalité : l’un est vénézuélien, un autre colombien et le dernier français, un trio jugé défavorable aux États-Unis. Quoi qu’il en soit, nous ne saurons jamais quel argument a eu le plus de poids : la décision de la FIFA est arbitraire et discrétionnaire.
Seum de la Fédération belge
La Fédération belge a publié un communiqué pour critiquer la FIFA. Pourtant, cela n’aura aucun impact. La Fédération belge se retrouve isolée, sans aucune solidarité des autres fédérations face aux dérives de plus en plus fréquentes de la FIFA sous la présidence de Gianni Infantino. De plus, le ridicule Prix de la paix de la FIFA attribué à Donald Trump n’a pas été remis en question par la Fédération belge. Seule la Fédération norvégienne a déposé plainte pour violation de la neutralité prévue par les règlements de la FIFA. Et ce geste de bravoure était probablement intéressé, car le prix se mesurait au Prix Nobel de la paix.
De plus, la Fédération belge n’a pas réagi pour dénoncer le traitement injuste subi par les joueurs de l’Iran, qu’elle a pourtant affrontés lors de la phase de groupes. Une partie du staff iranien a été interdite d’entrée sur le territoire, tandis que les autres ont été contraints à de longs déplacements en raison de visas d’une durée insuffisante. Ce traitement inéquitable des équipes n’a suscité aucune réaction de notre part.
La Fédération belge n’a pas non plus agi pour s’opposer au refus d’entrée aux États-Unis de l’arbitre Omar Abdulkadir Artan, pourtant désigné par la FIFA et couronné meilleur arbitre africain en 2025.
La FIFA a constamment plié, sacrifiant son indépendance au pouvoir et à l’argent. Hier au Qatar, aujourd’hui face à Donald Trump. La Fédération belge de football, tout comme les sponsors, les médias et même les supporters, ne peuvent pas prétendre être surpris. Gênés, sans doute, mais pas surpris.
