Belgique

La FIFA hors jeu : le budget fédéral remis en question ?

Folarin Balogun n’a finalement marqué aucun but pour les Etats-Unis cette nuit, et la décision de la FIFA influencée par Donald Trump pour lever sa suspension suscite des critiques. Le gouvernement De Wever doit trouver 7,7 milliards d’euros d’ici 2029 pour maintenir le déficit budgétaire sous contrôle, ce montant étant en hausse par rapport à une estimation précédente de 5 milliards en mars.


Il n’a finalement pas réussi à marquer de buts pour les États-Unis cette nuit, mais la décision de la FIFA, influencée par Donald Trump, de lever la suspension de Folarin Balogun, suscite toujours la controverse.

« Ceci n’est pas un carton rouge », titre l’éditorialiste de Het Laatste Nieuws en français dans le texte. Bien que la Belgique soit habituée à l’absurde et au surréalisme, la journaliste se demande : « à quoi pensait la FIFA ?« .

Elle précise qu’elle n’est pas une experte en football, mais, en tant que mère, elle fréquente souvent les terrains de rugby, un sport où l’arbitre exerce une grande autorité, ce qui constitue un tout autre univers.

Ce qui a commencé comme une polémique dans le monde du football s’est transformé en un scandale diplomatique, impliquant le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot et même la Commission européenne dans le débat.

Un débat qui, selon le quotidien flamand, reflète une fois de plus le fossé entre les alliés transatlantiques : l’Europe s’appuie sur les règles des grandes institutions tandis que les Américains agissent à leur guise.

Cependant, la réaction de Thibaut Courtois est juste, relève Isolde Van Den Eynde : ce n’est pas Trump qui décide qui gagne, mais les joueurs sur le terrain. Les Diables rouges l’ont prouvé en remportant leur match 4 à 1.

La situation de la FIFA est critiquée.

Cette intervention de Trump auprès de la FIFA a profondément choqué, au-delà des frontières. La presse française, en particulier, s’en est fait l’écho ce matin.

Dans Libération, Thomas Legrand, chroniqueur politique, déclare que la FIFA est « hors jeu ». Il critique vivement la Fédération internationale de football et son président Gianni Infantino, ami de Trump, qui, rappelons-le, lui a décerné un « prix FIFA de la paix » l’an dernier.

« Dans cette affaire, il y a un corrupteur et un corrompu« , soutient l’éditorialiste. Selon lui, la FIFA aurait dû confirmer le carton rouge. En se pliant, l’organisme a agi de manière profondément corrompue. Cela n’est pas surprenant, mais maintenant, « c’est l’éthique du sport, un des derniers éléments d’amitié et de respect entre les nations que la FIFA piétine« .

Au-delà du football, le budget fédéral, toujours déficitaire, fait également la une des journaux ce matin.

Le gouvernement De Wever doit trouver 7,7 milliards d’euros d’ici 2029 pour maîtriser le déficit budgétaire et respecter ses obligations européennes. En mars, ce montant était estimé à seulement 5 milliards.

L’Echo commente avec une illustration sportive : « Le déficit ne choisit pas son camp ». L’ambition de boucler le budget d’ici à la fête nationale du 21 juillet n’est plus tenable, l’exécutif se tourne désormais vers le mois d’octobre. « Mais ce temps supplémentaire ne servira à rien si chaque parti utilise cette période pour radicaliser ses positions« , estime Quentin Joris.

Entre le MR qui insiste sur le fait qu’il n’acceptera aucun nouvel impôt et les Engagés qui proposent une taxe sur les grands patrimoines financiers, la situation est claire côté francophone.

Néanmoins, il est impératif d’éviter un nouveau psychodrame comme celui qui avait conduit De Wever au Palais. Pour l’Echo, le gouvernement doit prendre des décisions audacieuses.

« Le courage politique ne consiste pas à refuser toute nouvelle recette ni à défendre chaque dépense existante, rappelle l’éditorialiste. Il s’agit d’accepter que l’ampleur du déficit impose de remettre en question ces deux aspects. »

Dans le Standaard, Karel Verhoeven aborde également le budget fédéral en rappelant que ce gouvernement a été élu sur la promesse de remettre de l’ordre dans les affaires publiques, surtout lié à la personne du Premier ministre Bart De Wever.

Cela devient aussi un inconvénient : pour qu’il puisse avancer, la résolution de la crise devra satisfaire tous les partis de sa majorité, il devra donc faire preuve de prudence. Si la N-VA est la seule à tirer parti d’une éventuelle crise, cela constituerait un pari électoral insensé, souligne le quotidien flamand. L’extrême droite et l’extrême gauche profitent de la situation, et le colossal déficit restera toujours présent.