
Incendie près de l’aéroport de Bordeaux : deux pompiers décèdent
Les deux hommes, sapeurs-pompiers professionnels du centre de secours de Saint-Médard-en-Jalles, faisaient partie des équipes qui sont arrivées sur les lieux « dans les premières minutes de la phase d’attaque du feu », se retrouvant confrontés à une situation « très défavorable » en raison de vents tournants, a déclaré le contrôleur général Marc Vermeulen lors d’une conférence de presse.
Leur camion-citerne a été « piégé » dans ce feu de pins « très virulent », entouré de flammes atteignant 20 à 30 mètres de hauteur, dans des circonstances qui doivent encore être clarifiées.
L’incendie, maîtrisé en fin d’après-midi après avoir ravagé 26 hectares selon le Sdis 33, a débuté vers 14H30, à proximité immédiate d’un parking longue durée de l’aéroport, à côté de concessions automobiles, d’entrepôts logistiques et d’habitations.
Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine du feu et les circonstances des événements, a précisé le procureur de la République à Bordeaux, Renaud Gaudeul, lors d’une conférence de presse à la caserne de Saint-Jean-d’Illac, une commune voisine.
Le décès des deux victimes a été annoncé par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à l’Assemblée nationale. Il se rendra à Mérignac mercredi pour « rendre hommage » aux disparus et soutenir leurs familles et collègues « qui sont bouleversés et plus encore », a souligné la préfète de Gironde, Sophie Brocas.
Le trafic de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, temporairement perturbé, a retrouvé son rythme normal en fin d’après-midi.
Le président Emmanuel Macron a exprimé aux familles des victimes et aux sapeurs-pompiers de France « les condoléances, la reconnaissance et le soutien de la Nation » via le réseau social X.
« C’est un terrible drame qui frappe tout le corps des sapeurs-pompiers de Gironde », a déclaré Jean-Luc Gleyze, président du conseil d’administration du Sdis de la Gironde et président du département.
Le 8 juillet, un sapeur-pompier volontaire de 22 ans avait déjà perdu la vie à la suite d’une chute de blocs rocheux alors qu’il combattait un feu de végétation en Savoie.
« Trois morts » en quelques semaines, « la facture est beaucoup trop lourde, c’est dramatique », a réagi mardi Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
Il a évoqué une situation de « tensions permanentes » qui nécessite « une remise à plat du logiciel », face à la « surcharge opérationnelle » des sapeurs-pompiers, qui jonglent entre les feux et les secours à la personne, ce qui « peut avoir pour conséquence de diminuer les forces et parfois la vigilance ».
À Mérignac, 120 sapeurs-pompiers et 60 engins ont été mobilisés, soutenus par trois moyens aériens. Les forces de l’ordre ont restreint certaines voies d’accès à la plateforme pour faciliter l’intervention des secours.
Un important panache de fumée noire a été observé dans une vaste zone de la métropole bordelaise. « De loin, c’était assez impressionnant », a témoigné Sophie Vergnères, responsable marketing et communication de l’aéroport de Bordeaux.
La Gironde était placée mardi en niveau de risque orange par la météo des forêts, tandis que la préfecture avait émis une vigilance rouge pour les incendies, le risque étant considérablement accru par l’état de sécheresse de la végétation, après plusieurs épisodes de canicule et un déficit de précipitations.
La France compte environ 250.000 pompiers, dont 200.900 sont des sapeurs-pompiers volontaires, environ 44.300 sont des pompiers professionnels et 13.370 sont des militaires (à Paris et Marseille).
