
Essai du Range Rover GT : la surprise électrique de la marque
C’est peut-être le modèle le plus secret du moment. Range Rover élargit sa gamme avec l’inédit Range Rover GT. J’ai eu l’opportunité de découvrir et de m’installer à bord de ce Grand Tourer électrique qui bouleverse complètement les conventions de la marque britannique. Prêt pour une visite guidée privée en mode infiltration ?
L’art du teasing… Alors que certains acheteurs attendent avec impatience l’arrivée en septembre des Range Rover et Range Rover Sport électriques, la marque britannique joue la carte du mystère avec un tout autre modèle inédit. Elle dévoile ainsi son Range Rover GT, qui se distingue nettement des autres SUV de la famille RR (Range Rover, Range Rover Sport, Evoque et Velar).
Bien que l’on m’ait demandé de ne pas aborder sa carrosserie, sa batterie et ses spécifications techniques pour le moment, je peux vous partager mes impressions sur son habitacle, installé derrière le volant.
Ce modèle se présente à la fois comme une sportive pure et une berline de luxe, comme son nom l’indique, tout en semblant conserver les capacités tout-terrain légendaires de la marque, grâce à son assise large et ses grandes roues.
Sur les photos, dont le camouflage est très léger et subtil, les seules disponibles à ce jour, on pourrait le rapprocher d’un Velar aux formes arrondies, légèrement plus grand et « écrasé », c’est-à-dire plus bas, très long, avec un capot allongé vers l’avant, une chute de hayon fuyante et une poupe comprimée en hauteur.
On remarque une signature lumineuse fine, similaire à celle de l’arrière, mais plutôt découpée en trois segments d’optique, ainsi qu’une calandre apparemment fermée et lisse, accompagnée de deux entrées d’air non factices aux extrémités.
De profil, on reconnaît la signature Range Rover grâce à la ligne de seuil remontante : le bas de caisse s’élève progressivement vers le pare-chocs arrière, affinant ainsi la masse visuelle, comme pour les SUV de la marque britannique.
Son empattement semble long et sa garde au sol relativement basse, tandis que ses épaules de caisse restent très imposantes, soutenues par d’énormes rétroviseurs. On note également des poignées de portes affleurantes et une arche de toit qui abrite une custode arrière.
Quoi qu’il en soit, ce Grand Tourer électrique devient le premier véhicule construit sur la nouvelle plateforme EMA en architecture 800 volts du groupe JLR (Jaguar-Land-Rover). Cette base technique est conçue pour être entièrement électrique, mais elle pourra également accueillir des motorisations hybrides classiques (non rechargeables) à l’avenir, afin de s’adapter aux évolutions du marché. Concernant la batterie, les performances ou même le design et la carrosserie, je ne peux rien vous dire, c’est secret défense.
Pour resituer, ce GT s’ajoute à une série de nouveautés électriques chez JLR. Le Range Rover Electric, premier modèle 100 % électrique de la marque, repose sur la plateforme MLA et doit être livré à partir de la fin 2026, suivi du Range Rover Sport Electric prévu d’ici la fin de l’année. Le GT, quant à lui, inaugurerait l’architecture EMA, que JLR vient également d’ouvrir aux hybrides simples pour répondre à une demande électrique plus lente que prévu.
Le teasing est particulièrement accentué, car la marque Range Rover souhaite pour l’instant ne révéler que le nom et… son intérieur.
En effet, bien que nous ayons eu le privilège de découvrir cette nouvelle voiture en avant-première mondiale, dans l’usine JLR à Gaydon en Angleterre, sous haute surveillance et avec interdiction de photographier, je ne peux pas vous dévoiler d’autres détails sur son aspect extérieur et sa fiche technique.
Silence radio jusqu’à la fin de l’année, et même au-delà… Actuellement en phase finale de tests, le Range Rover GT ne montre donc pas encore ses capacités, mais sa cabine et son habitacle.
C’est plutôt bien joué, car ce Range Rover GT n’en sera que plus séduisant. Nous avons carte blanche pour vous transmettre les premières informations et les petits secrets du cockpit.
À quoi ressemble l’intérieur d’un GT chez Range Rover ?
Lorsque le silence est d’or chez Range Rover, la surprise se cache à l’intérieur. Après avoir contourné un protocole de sécurité digne de la technologie d’espionnage, j’ai réussi à infiltrer l’antre du tout premier Range Rover GT, qui était placé dans un sas à la lumière tamisée, présentant la voiture sous un camouflage très léger et subtil, avec les portes ouvertes.
Nous avons pu nous installer au volant et aux places arrière pour explorer cet espace. Pour moi, c’est un véritable temple du minimalisme.
Range Rover a conçu une cabine dépouillée de tout parasite visuel et acoustique. Les tons sont clairs, allant du blanc au gris, surplombés par un immense toit vitré opaque laissant entrer la lumière. Heureusement qu’il est là, sinon le pavillon serait très bas. Est-ce de série ? Je ne sais pas…
La planche de bord est très épurée, très stricte, tout est extrêmement dépouillé, mais c’est un choix de Range Rover de concentrer tout dans l’électronique. C’est assez déstabilisant. Une bouche d’aération dissimulée en une ligne traverse toute la largeur, mais c’est la seule petite fantaisie.
Aucun bouton n’est visible, même pas pour la climatisation. Toutes les fonctionnalités sont regroupées dans un grand écran tactile et un combiné d’instrumentation numérique placé derrière le volant. Nous n’avons pas vu l’intérieur en marche ni le contact enclenché, mais un emplacement est bien prévu pour l’affichage tête haute.
Les matériaux sont difficiles à décrire, tant ils semblent à la fois « cheap » et de qualité. L’habitacle mélange textiles tissés, « cuir » et polymères synthétiques. La moquette au sol est très basique et manque de travail. Les tapis devraient embellir l’ensemble. Les équipes sur place ont indiqué que les matériaux étaient à 60 % définitifs, donc l’intérieur devrait vraiment monter en gamme.
Le volant, véritable coup de cœur, est très agréable. Compact et doté d’un large moyeu central, c’est l’un des rares éléments à intégrer des boutons physiques. Les commodos rectangulaires sont également très stylisés et restent impulsionnels, ce qui est appréciable. Il convient de mentionner le rétroviseur caméra principal, à effet miroir, qui est également composé de six boutons, dont l’utilité m’échappe.
On remarque une large console centrale flottante, qui dissimule deux chargeurs à induction, deux ports USB, deux porte-gobelets et un mini frigo (boîte réfrigérée) sous des tiroirs ou « rideaux » coulissants. Tout est bien caché et plutôt bien exécuté. Un espace de rangement est également prévu en dessous, laissant la place pour un gros sac à main. Pratique !
Sur les contre-portes, on trouve un petit bouton pour l’ouverture automatique de la portière et un claustra en chrome qui fait son effet, mais qui se cache rapidement lorsque la portière est refermée. Les sièges ne sont pas exceptionnels, ils ne sont même pas sculptés. Exit les fioritures, ils sont simplement surpiqués de petits trous.
Changeons de place. Je me suis cogné le montant de porte en m’installant à l’arrière, alors que j’ai un petit gabarit, vous voyez le genre de voiture que c’est… Mais l’espace aux jambes est incroyable.
Les passagers sont également chouchoutés. Ils ont la possibilité d’utiliser les deux ports USB ainsi que les deux chargeurs à induction placés sur l’accoudoir central numérique. On peut imaginer qu’ils pourront activer des fonctions de massage ou régler leur propre ventilation chaud ou froid à l’arrière.
Notons que le Range Rover GT est configuré en 4 places, mais il sera possible d’opter pour une configuration à 5 places au total.
Et en matière acoustique, l’habitacle est équipé de haut-parleurs Meridian, même dans les appuie-têtes (épaissis par les enceintes intégrées), ce qui devrait offrir une ambiance acoustique remarquable.
Voilà, c’est tout ce que je peux vous dire.
Selon Martin Limpert, directeur général de Range Rover, ce nouveau monstre technologique combine des performances électriques sans effort et un raffinement capable de rivaliser avec n’importe quel GT conventionnel.
Les prototypes continuent de tester le bitume pour les derniers réglages. Mais découvrir tous les détails de ce nouveau titan de la route devra attendre un peu : Range Rover donne rendez-vous plus tard cette année. Restez à l’écoute !
