
Gianni Infantino envisage de vendre des parts de la Coupe du monde, l’UEFA réagit
Depuis quelques jours, Gianni Infantino met en avant le succès indéniable de la Coupe du monde 2026, affirmant que les nombreux détracteurs doivent se tenir à l’écart. Cependant, en y regardant de plus près, cette Coupe du monde a engendré de nombreux problèmes.
Les journalistes de The Athletic ont même examiné le discours du président de la FIFA pour en révéler les mensonges et autres fausses informations. Ce travail titanesque a nécessité du temps pour démystifier ces affirmations. Mais ce n’est pas tout, car le président de la FIFA continue de surprendre.
Cette fois-ci, l’information provient de nos confrères anglais du Times, relayée par la FIFA elle-même. Ce mardi, il a été annoncé que Gianni Infantino envisage de céder des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Pour ce faire, une société serait créée afin d’acquérir les droits commerciaux des principales compétitions de la fédération internationale de football, incluant les Coupes du monde masculine et féminine, ainsi que la Coupe du monde des Clubs, selon le média anglais.
Les investisseurs privés pourraient initialement acquérir entre 20 et 30 % des parts. Toutefois, pour cela, ils devront débourser plusieurs milliards de dollars américains. La FIFA conserverait la majorité des actions. Les 211 associations membres de la FIFA recevraient quant à elles des participations minoritaires, qu’elles pourraient choisir de conserver ou de revendre.
« L’administration de la FIFA explore l’idée de réunir tous les droits commerciaux – couvrant la diffusion, le sponsoring, la billetterie et l’octroi de licences – avec la mise en œuvre opérationnelle de ses tournois à travers la création de la FIFA Forward Enterprise (FFE) », précise le communiqué de l’instance dirigeante du football mondial. « La FIFA invitera des tiers à réaliser des investissements minoritaires, et sans contrôle » au sein de cette société, ajoute-t-elle. « La FIFA garderait le contrôle exclusif de la FFE à travers une représentation majoritaire au conseil d’administration », précise le communiqué, ainsi que « l’autorité exclusive » sur la gouvernance du football, les compétitions, le calendrier et les décisions réglementaires.
En tant qu’association à but non lucratif, la FIFA conserve une partie de ses revenus pour organiser ses compétitions et rémunérer ses employés, dont Gianni Infantino, qui perçoit plusieurs millions de francs suisses par an. Le reste est affecté à des programmes de développement, qui, selon elle, seront revalorisés grâce à la création de cette FFE. La FFE « lèverait 4,2 milliards de dollars » d’ici la fin de l’année, et « tous ses bénéfices nets seront réinvestis dans le football », assure la FIFA, qui promet à ses membres des retombées économiques via un nouveau mécanisme de financement, le FIFA Fast Forward Programme (FFFP).
En intégrant tous les programmes de financement déjà existants, la FIFA espère dégager plus de 10 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années pour soutenir le développement du football. Actuellement, la FIFA prévoit de distribuer environ 2,7 milliards de dollars à ses fédérations membres entre 2027 et 2030. Pour réaliser ce projet, qui doit encore être validé par le Conseil de la FIFA, l’instance mondiale explique collaborer avec la banque d’affaires J.P. Morgan et le fonds d’investissement Thrive Eternal, qui « devrait prendre la tête du groupe d’investisseurs potentiels pour la FFE » (ce fonds d’investissement a été fondé par Joshua Kushner, le frère de Jared, gendre de l’ancien président américain Donald Trump).
Le Times précise qu’Infantino pourrait assumer un rôle de « commissioner » de la nouvelle société dans un plan discuté avec l’administration Trump. « La FIFA a confirmé que ce plan d’Infantino fait l’objet de discussions avec Josh Kushner en tant qu’investisseur principal proposé », ajoute le Times. De plus, selon le quotidien, avec ce nouveau format, les joueurs pourraient être incités à participer à la Coupe du monde « plus régulièrement que tous les quatre ans ».
L’UEFA, l’Union européenne de football, a déjà réagi à cette proposition du président de la FIFA, qu’elle rejette catégoriquement. « L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des capitaux sur lesquels faire de la spéculation, surtout sans transparence sur la destination des bénéfices financiers. Aucun d’entre nous n’est le propriétaire du football. Ce n’est pas à la FIFA de le vendre. »
