
Frappes dans le Golfe après la fermeture d’Ormuz, démenties par les Américains
Des affrontements entre les Etats-Unis et l’Iran ont repris cette semaine, alors que les deux pays avaient signé le 17 juin un protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. L’Iran a indiqué avoir répliqué en visant une base aérienne américaine au Qatar, où trois personnes ont été blessées.
Des affrontements entre les États-Unis et l’Iran ont repris cette semaine, alors que les deux pays avaient signé le 17 juin un protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par l’attaque israélo-américaine du 28 février contre l’Iran.
Dans l’après-midi, l’agence de presse iranienne a rapporté un mort et deux blessés suite à une attaque « ennemie » sur l’île de Farur. Le Koweït a également annoncé des tirs contre trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore, entraînant un blessé et des dégâts matériels.
L’accord de juin prévoyait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du pétrole mondial, et dont la fermeture par l’Iran au début du conflit avait provoqué une flambée des prix du pétrole.
Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a déclaré dimanche que ce corridor maritime était « plus important que des dizaines de bombes atomiques », alors que l’Iran est accusé de vouloir se doter de l’arme nucléaire, un fait qu’il nie.
Le détroit d’Ormuz, « non accessible actuellement », selon l’agence de presse de l’Autorité judiciaire iranienne, est pourtant déclaré « ouvert à tous les navires souhaitant emprunter légalement cette voie maritime internationale » par le Commandement central de l’armée américaine (Centom).
Les forces américaines, selon ce dernier, sont déployées et prêtes à assurer la liberté de navigation malgré l’agression de l’Iran. Téhéran avait annoncé plus tôt sa fermeture « jusqu’à nouvel ordre », après avoir tiré sur un navire qu’ils jugeaient sur une « route non autorisée ». L’Iran n’autorise qu’un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et refuse tout retour à la situation d’avant-guerre, lorsque le passage était libre.
En réponse à ces actions, le Centcom a annoncé environ 140 frappes contre des cibles militaires, visant des « sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication ». Des médias iraniens ont signalé des explosions dans le sud du pays, où un militaire a été tué, ainsi que dans la province du Khouzestan, frontalière de l’Irak.
L’Iran a déclaré avoir riposté en visant une base aérienne américaine au Qatar, blessant trois personnes. Les Émirats Arabes Unis et la Jordanie, alliés des États-Unis, ont également signalé avoir été ciblés par des missiles iraniens, et Bahreïn a activé ses sirènes d’alerte aérienne.
Les Gardiens de la Révolution ont également revendiqué une rare attaque sur le voisin Oman, affirmant avoir détruit des bases d’appui logistique aux porte-avions américains, selon la télévision d’État.
L’attaque a été fermement condamnée par le sultanat, qui avait reçu samedi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, pour discuter de la gestion du détroit d’Ormuz, situé dans les eaux iraniennes et omanaises.
Dans ce contexte d’escalade, les pays médiateurs multiplient les efforts pour relancer la diplomatie. Ishaq Dar, ministre des Affaires étrangères du Pakistan, a appelé les deux adversaires à « faire preuve de retenue ». Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a également exhorté à « reprendre d’urgence les négociations ».
Oman a annoncé dimanche avoir secouru 23 membres d’équipage et être à la recherche d’un autre après l’attaque d’un navire à Ormuz, déclenchant la riposte américaine. Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l’attaque a eu lieu dans une zone relevant du sultanat d’Oman, entraînant l’évacuation de l’équipage. D’après le Centom, le navire touché est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote.
Les États-Unis avaient précédemment bombardé l’Iran dans la nuit de mardi à mercredi, et la nuit suivante, après avoir imputé à Téhéran des attaques contre des navires commerciaux. En réponse, l’Iran avait frappé des cibles au Koweït, à Bahreïn et au Qatar.
