Belgique

Euromillions : un plafond de 10 millions pour plus de gagnants ?

L’idée de limiter les jackpots des jeux de loterie suscite un vif débat en Belgique, notamment autour de l’Euromillions. Jonas Van der Slycken, professeur d’économie durable à l’Université de Gand, a récemment proposé de fixer un plafond à 10 millions d’euros pour le jackpot. Selon lui, ce montant permettrait d’éviter les tracas liés à une richesse excessive, comme la gestion des fonds ou la sécurité personnelle. Dans son ouvrage, intitulé « Scandaleusement riche ou inégal ? Le sort de notre société », il souligne que même un gain de 17 millions d’euros place un joueur dans le top 0,1 % des plus riches d’Europe.

Cette proposition, lancée en décembre dernier, a déjà fait couler beaucoup d’encre en Flandre, bien qu’elle n’ait pas encore trouvé écho dans d’autres régions du pays. Les recherches menées par des psychologues de l’UGent montrent que les Belges estiment qu’un jackpot idéal, sans limite, se situe autour de 10 millions d’euros. Au-delà de ce seuil, les gagnants craignent que l’argent ne leur apporte plus de problèmes que de bénéfices.

Van der Slycken suggère également une redistribution des gains excédentaires : « Plutôt que d’accumuler, on pourrait garantir dix gagnants à 1 million, vingt à un demi-million ou mille à 10 000 euros », propose-t-il, soulignant que cela permettrait d’améliorer la vie de davantage de personnes.

Cependant, cette vision n’est pas partagée par tous. Jérémy Demeyer, porte-parole de la Loterie nationale, défend le modèle actuel en affirmant que des jackpots plus élevés attirent davantage de joueurs. Il rappelle que l’Euromillions, qui est organisé par un consortium de dix loteries dans neuf pays, a récemment vu son plafond de jackpot augmenter de 200 à 250 millions d’euros, sous l’influence de l’Angleterre. « Rien n’empêche un joueur belge de tenter sa chance ailleurs », ajoute-t-il.

La Loterie nationale met en avant les bénéfices générés par les jeux, qui sont réinvestis dans des domaines tels que le sport et la culture, avec environ 350 millions d’euros alloués chaque année. Demeyer souligne également que le Lotto, qui propose des jackpots plus modestes, crée un nouveau millionnaire toutes les deux semaines, ce qui semble correspondre à la philosophie de nombreux joueurs belges qui préfèrent jouer en groupe.

Le débat sur les jackpots soulève également des questions fiscales. Alors que les Pays-Bas appliquent une taxation sur les gains, la Belgique ne prélève aucune taxe sur les gains de loterie. Van der Slycken suggère qu’une telle taxe pourrait être un premier pas vers une redistribution plus équitable des gains.

En conclusion, bien que la proposition de plafonner les jackpots à 10 millions d’euros ait ses partisans, elle se heurte à des opinions divergentes sur la manière dont les jeux de loterie devraient être gérés et sur leurs impacts sociaux. Le débat continue d’évoluer, alors que les enjeux économiques et sociétaux se mêlent dans cette discussion sur la fortune et l’égalité.