Enquête nationale 2026 : les Belges rejettent l’indexation à 4000 euros bruts.
75% des Wallons, 69% des Bruxellois et 64% des Flamands estiment que l’économie belge s’est dégradée, et ils sont plus nombreux à le penser que l’année dernière. 20% des Belges, et jusqu’à 29% des Wallons citent l’économie et le pouvoir d’achat comme leur préoccupation politique principale.
L’heure est au pessimisme économique en Belgique. Une enquête nationale menée par la RTBF, la VRT, et De Standaard, en collaboration avec l’Université d’Anvers et l’ULB, révèle que de nombreux citoyens estiment que l’économie du pays s’est détériorée : 75 % des Wallons, 69 % des Bruxellois et 64 % des Flamands partagent cette conviction. De plus, ce sentiment est en hausse par rapport à l’année précédente.
Sur un autre sujet, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a proposé de renforcer les contrôles des travailleurs bénéficiant d’un certificat médical de longue durée. Cette initiative reçoit un large soutien dans les trois régions, allant de 72 % à Bruxelles à 82 % en Flandre. Parmi les électeurs wallons, le soutien est particulièrement fort, avec 94 % chez le MR, 86 % chez les Engagés, et même 64 % au PTB, 61 % au PS, et 60 % chez Ecolo. À Bruxelles, le soutien est similaire, bien que les sympathisants d’Ecolo soient plus partagés avec 50 % en faveur et 43 % contre.
En Flandre, l’initiative recueille une adhésion presque unanime parmi les électeurs de la N-VA (96 %), d’Anders (95 %), du cd&v (84 %), de Vooruit (83 %) et du Vlaams Belang (82 %). Les électorats de Groen (56 %) et du PVDA (50 %) sont plus divisés.
Une autre proposition examinée concerne le plafonnement de l’indexation automatique des salaires à 2 % pour les 4000 premiers euros, ce qui a également fait l’objet de nombreux débats parmi les partenaires sociaux et au Parlement. Moins d’un électeur sur trois se déclare favorable à cette mesure, avec peu de différences régionales (30 % en Flandre, 27 % à Bruxelles, et 25 % en Wallonie).
Dans le sud du pays, aucun électorat, y compris celui des partis au pouvoir, n’appuie cette mesure, avec seulement 46 % de soutiens au MR et 35 % aux Engagés. À gauche, l’opposition atteint 59 % chez Ecolo, 66 % au PTB et 68 % au PS. À Bruxelles, le soutien est encore plus faible, touchant 38 % chez les électeurs des Engagés et 36 % chez ceux du MR, face à une opposition oscillant entre 48 % et 62 % pour les partis de gauche.
En Flandre, seule la N-VA voit une petite majorité (54 %) d’électeurs favorables. Les opinions sont partagées chez Anders, tandis que tous les autres partis, y compris le cd&v et Vooruit, expriment une opposition.
Concernant les augmentations fiscales, le gouvernement a envisagé une hausse de la TVA de 21 % à 22 % sur tous les produits actuellement concernés. En ce qui concerne une hausse généralisée, seulement 20 % des Flamands, 13 % des Bruxellois et 9 % des Wallons se disent favorables. Dans certains électorats, le rejet est particulièrement fort, atteignant 93 % chez les électeurs du PTB en Wallonie, 90 % chez les électeurs PS et 89 % chez le PVDA, avec une opposition de 86 % chez le Vlaams Belang en Flandre.
Parmi les électorats des partis au pouvoir, l’opposition demeure plus forte que le soutien, avec 80 % d’opposants parmi les électeurs wallons des Engagés, 76 % chez le MR, 68 % au cd&v, 66 % chez Vooruit, et 60 % à la N-VA contre 34 % de soutiens.
La mesure concernant une taxe de 10 % sur les plus-values rencontre un soutien majoritaire dans toutes les régions, même si ce soutien est en léger déclin : 56 % en Wallonie (-7 points), 51 % à Bruxelles (-6 points) et 61 % en Flandre. Les spécialistes notent cependant que l’opposition à cette mesure est complexe à interpréter, car il n’est pas clair si cela signifie une opposition à toute forme de taxation sur les plus-values ou une préférence pour une taxation plus élevée. Les doutes sur l’efficacité de la mesure pourraient expliquer une baisse du soutien par rapport à l’année précédente.
En Wallonie, tous les électorats sont principalement en faveur de cette mesure, avec un soutien notable de 67 % chez Ecolo et Les Engagés, 61 % chez le PS, et 56 % chez le MR et le PTB. En Flandre, les électeurs de Vooruit (81 %), du PVDA (70 %), de Groen (84 %), et du cd&v (73 %) montrent également un fort soutien, tandis que la N-VA et le Vlaams Belang enregistrent respectivement 59 % et 51 %.
Une autre enquête, la SILC de Statbel, montre qu’environ 70 % des Flamands ne considèrent aucune dépense insurmontable, contre seulement 44 % des Bruxellois et 41 % des Wallons. Les chercheurs concluent que les Flamands ressentent moins de contraintes financières sur les huit indicateurs évalués.
Aussi, l’achat d’une voiture demeure la dépense la plus difficile à assumer, touchant un tiers des Wallons et des Bruxellois, mais seulement un cinquième des Flamands. Les auteurs notent que 17 % des Bruxellois doivent parfois faire face à des retards de paiement de factures.
La crise économique explique que ce thème soit devenu la principale préoccupation politique pour 20 % des Belges, atteignant jusqu’à 29 % en Wallonie. L’importance des questions d’immigration diminue depuis 2024. Le sujet était majeur l’année précédente, avec un score de plus de 20 %, mais il est passé à 15 % aujourd’hui en Flandre et à 12 % en Wallonie.
Les préoccupations politiques se portent désormais sur la représentation, avec un score stable cette année, puis sur le budget et la gestion financière, plus sensibles en Flandre. Les citoyens s’inquiètent des conséquences d’éventuelles mesures d’austérité.
Comparativement aux années précédentes, les préoccupations communautaires, d’égalité sociale et climatiques ne figurent plus dans le top 12 des préoccupations des Belges. Les experts concluent que les questions socio-économiques dominent le paysage politique actuel et relèguent les thèmes culturels au second plan. Malgré un contexte international agité, ce sont les conséquences socio-économiques qui prévalent dans les préoccupations des citoyens, dépassant l’intérêt pour les événements internationaux en eux-mêmes.

