Belgique

Échos de Cannes : la Belgique brille sur la Croisette

Laura Wandel, la réalisatrice et scénariste belge, a été membre du jury lors de la 79e édition du Festival de Cannes, le 12 mai 2026. Depuis la création du festival de Cannes, quelques centaines de films et courts-métrages belges ont été présentés, toutes sections confondues.

Laura Wandel dans le jury

Laura Wandel, la réalisatrice et scénariste belge, aux côtés du réalisateur, scénariste et producteur sud-coréen Park Chan-wook, lors de la 79e édition du Festival de Cannes, le 12 mai 2026. © – Thibaud Moritz / AFP

Une Belge dans le jury prestigieux, une première ?

La Belgique dans le jury est plutôt inhabituelle. Après avoir fouillé dans les archives de la RTBF et celles du festival, j’ai découvert quelques cas, sans être exhaustif.

En 1960, le président du jury était l’écrivain belge Georges Simenon, connu pour ses enquêtes du commissaire Maigret. Deux décennies plus tard, le cinéaste André Delvaux participe aux côtés de Kirk Douglas, qui occupe le poste de président.

En 2004, Benoît Poelvoorde se retrouve également dans le jury, tandis que Quentin Tarantino en est le président. Le Namurois, révélé à Cannes dans « C’est arrivé près de chez vous » dix ans auparavant, fait rire l’assemblée avec son humour autodérisoire :

« Je suis très déçu de ne pas être président du jury. C’est d’abord une amertume, vous vous en doutiez. Et à ce titre, j’ai l’intention de rattraper toutes ces années perdues. Je n’ai jamais été sélectionné à l’officiel, je ne comprends pas. Je n’ai jamais rien gagné à Cannes, je ne comprends pas. J’ai donc l’intention de me venger et de faire gagner un médiocre« , plaisante Benoît Poelvoorde lors de l’une de ses interventions mémorables à Cannes.

Les Belges à Cannes, une présence sur le long terme

Depuis la création du festival de Cannes, un bon nombre de films et courts-métrages belges ont été présentés, toutes sections confondues.

On peut évoquer les précurseurs tels qu’André Delvaux, Raoul Servais, Chantal Akerman et Hugo Claus. La relève a ensuite été assurée par Jaco van Dormael, les frères Dardenne et Joachim Lafosse, jusqu’à aujourd’hui avec Laura Wandel et Lukas Dhont, ce dernier participant de nouveau en compétition cette année.

Le réalisateur belge Lukas Dhont assiste à la 95e cérémonie des Oscars au Dolby Theatre à Hollywood, en Californie, le 12 mars 2023. © – Angela Weiss / AFP

Les Belges incontournables, loin d’être un facteur chance

La forte présence belge au Festival n’est pas un produit du hasard. Elle repose sur une détermination indéniable, mais surtout sur un système de soutien à la création solide, comme l’a souligné Lukas Dhont lors de notre rencontre en avril dernier, alors qu’il venait d’apprendre que son film était sélectionné à Cannes.

« J’ai eu la chance et le privilège de toujours être soutenu par les deux côtés, par la RTBF, par le VAF, mais aussi par la commission wallonne, donc c’est un vrai film belge, je dirais« , a déclaré Lukas Dhont.

Le VAF, le Fonds audiovisuel flamand, le Centre du cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le département coproduction de la RTBF, Screen Brussels, autant d’initiatives publiques et de financements de films qui portent leurs fruits, permettant également l’émergence de sociétés de production, et ainsi de positionner, in fine, la Belgique sur la carte du cinéma mondial.