Equipe de France : Deschamps prépare-t-il du football champagne avec 9 attaquants ?
Didier Deschamps participera cet été à sa dernière Coupe du monde en tant que sélectionneur de l’équipe de France. Il a annoncé sa liste de 26 joueurs pour le Mondial 2026 jeudi soir.

Pour ne pas varier, Didier Deschamps participera cet été à sa dernière Coupe du monde en tant que sélectionneur de l’équipe de France. « Une émotion particulière », a-t-il confié jeudi soir lors de l’annonce de sa liste de 26 joueurs pour le Mondial 2026.
Il s’agit également d’une double opportunité. D’abord, pour remporter une seconde Coupe du monde avec l’équipe de France, après celle du 15 juillet 2018 à Moscou, « un soir où la pluie ne mouillait pas », pour reprendre les mots poétiques du sélectionneur. Ensuite, pour se défaire de l’image d’un entraîneur trop pragmatique, voire frileux, qui le poursuit depuis que l’équipe de France connaît des problèmes de riches – la sortie récente du documentaire sur Knysna 2010 rappelle que cela n’a pas toujours été le cas.
Deschamps veut « créer des problèmes aux adversaires »
Le verdict de l’histoire reste à établir, mais avec une liste comprenant neuf attaquants (Akliouche, Barcola, Cherki, Dembélé, Doué, Mateta, Mbappé, Olise, Thuram), Didier Deschamps semble vouloir faire de ces Bleus une équipe spectaculaire. Ce nouveau cap a déjà été bien amorcé contre le Brésil et notamment la Colombie en mars dernier, que Didier Deschamps a choisi de ne pas revendiquer complètement en conférence de presse, fidèle à lui-même. Cela permet également de brouiller les pistes pour les futurs adversaires.
« L’objectif numéro un est de créer des problèmes à l’adversaire », élude Deschamps. « Dans les phases de non-possession, il faudra être solides. Je ne vais pas dire que nous allons tous à l’attaque en négligeant la défense. Quand nous n’avons pas le ballon, même si je préfère que nous l’ayons, car nous avons cette capacité aujourd’hui, il faudra être solides. »
Heureusement, il est difficile de trouver un autre qualificatif que « solide » pour décrire le milieu de terrain « Smecta » que le sélectionneur des Bleus a concocté comme contrepoids à l’impressionnante ligne d’attaque de l’équipe de France.
Un aperçu rapide des talents présents : Ousmane Dembélé, Ballon d’Or, est en forme ascendante en cette fin de saison. « Dans la dernière ligne droite, il est là », s’en réjouit DD, même s’il doit réfléchir à son rôle dans l’attaque française. Kylian Mbappé est toujours redoutable en Coupe du monde. Michael Olise et Rayan Cherki incarnent le génie footballistique de Mozart et Michel-Ange. Désiré Doué possède un potentiel de progression considérable. Bradley Barcola pourrait même aller très vite à pied sur le périphérique. On ne va pas aller plus loin, l’idée est claire : les défenses adverses peuvent s’inquiéter.
Liberté et permutations, l’exemple d’Olise et Dembélé
Il reste à voir comment tout cela s’organisera. Deschamps rappelle que « parmi les neuf attaquants, il y a des milieux offensifs » et a suggéré à plusieurs reprises que les positions affichées sur la feuille de match ne sont qu’indicatives. Bien qu’il ne soit pas le plus grand expert en tactique, il montre un intérêt pour les évolutions récentes du football. Largement inspiré par le retour des pistons à la mode, il a essayé de les intégrer dans son équipe.
Avec le matériel à sa disposition, on peut s’attendre à un système offensif flexible, avec mouvements et chaos, à l’image du PSG ou du Bayern, toutes proportions gardées. « Il est essentiel que les joueurs offensifs aient de la liberté », a-t-il déclaré, prenant l’exemple des permutations entre Ousmane Dembélé et Michael Olise, qui opèrent dans la même zone sur le flanc droit.
« Il y a une position de départ. Cette alternance qu’on a vue contre le Brésil permet d’être moins prévisible pour l’adversaire. Je ne veux pas d’un truc fixe. L’intelligence, au-delà de la qualité footballistique, c’est de pouvoir surprendre l’adversaire. Ça demande de la coordination. »
Chacun interprétera ces indices comme il l’entend, cependant, il est rare que l’équipe de France penche autant vers un football offensif lors d’une grande compétition. On a du mal à croire que l’Euro 2024 ait eu lieu il y a à peine deux ans au vu de la transformation de cette équipe. Mais attention, en cas de contre-performance, Didier Deschamps n’hésitera pas à revenir aux principes fondamentaux. Avec des attaquants tels que Mateta et Thuram, il a encore la possibilité de faire évoluer un football plus physique. « Les résultats sont la chose la plus importante. » Chassez le naturel…

