
Deux milliards d’euros pour la Défense, un investissement essentiel.
Le Conseil des ministres a approuvé le 26 juin la nomination de Bernard Delvaux à la présidence du conseil d’administration de la filiale Défense de la SFPIM, connue aussi sous le nom de Fonds Défense. Ce fonds, doté de près de 2 milliards d’euros de capital d’investissement, a pour mission de soutenir le développement des entreprises belges actives dans la défense et la sécurité.
Le Conseil des ministres a validé le 26 juin la nomination de Bernard Delvaux à la présidence du conseil d’administration de la filiale Défense de la SFPIM, également appelée Fonds Défense.
Avec près de 2 milliards d’euros de capital d’investissement, la SFPIM Défense a pour mission d’accompagner le développement des entreprises belges œuvrant dans la défense et la sécurité. Ce fonds est intégré dans la Société Fédérale de Participation et d’Investissement (SFPIM), qui constitue le bras financier de l’État fédéral.
Interrogé sur l’utilisation de cet argent, Bernard Delvaux a déclaré au micro de Danielle Welter dans Matin Première : « Il s’agira d’investir. Il ne s’agit pas de dépenser. Les dépenses courantes vont être couvertes par l’armée belge. »
Plus précisément, il a précisé que des investissements seront réalisés dans des secteurs stratégiques tels que la défense, l’aéronautique, le spatial, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et les données.
L’objectif, a-t-il expliqué, est non seulement de soutenir l’armée belge et la défense européenne, mais aussi d’investir dans des entreprises et des projets en mesure de renforcer l’industrie belge, de stimuler la recherche et développement, et de créer des emplois.
Selon lui, la priorité consiste à anticiper les besoins futurs de la défense belge et européenne afin de permettre aux entreprises belges de s’intégrer durablement aux chaînes de valeur européennes. Il a cité l’exemple de Sonaca, qui participe notamment à la construction des avions militaires F35 pour le programme Airbus. « Cela prend pas mal de temps pour s’y intégrer, mais une fois qu’on y est, on génère de l’emploi et de l’activité économique pour une longue période. Et c’est ce genre de choses qu’on veut développer. »
Les investissements seront choisis en fonction de leur qualité et de leur impact économique, sans clé de répartition fixe entre les régions. « Bien entendu », a-t-il nuancé, « on est en Belgique, on tiendra compte à un moment ou à un autre d’un certain équilibre. »
Il a affirmé son indépendance politique, bien qu’il ait été nommé sur proposition des Engagés, en expliquant qu’il souhaite mettre son expertise industrielle au service de l’intérêt général.
Il s’est aussi félicité de l’implication des partis politiques, en déclarant : « C’est une matière massivement stratégique pour la Belgique. C’est aujourd’hui qu’on doit se positionner dans un monde qui évolue rapidement et qui est un monde de rapports de force, où si l’on ne réagit pas vite et massivement, on est écrasé. Et donc je crois que toute cette dynamique politique est extrêmement importante. Je suis très heureux de voir – que ce soit au niveau du Premier ministre ou ce, que soit au niveau du ministre des Affaires étrangères, du ministre de la Défense – que tous ces gens font en sorte que les choses se passent rapidement. »
Bernard Delvaux a insisté sur le fait que cette initiative s’inscrit dans un contexte géopolitique où l’Europe doit renforcer son autonomie stratégique. Les États-Unis, bien qu’étant des alliés, souhaitent en effet réduire progressivement leur implication dans la défense européenne, a-t-il analysé.
Il considère que la Belgique peut jouer un rôle clé, à condition de prévoir et de développer ses capacités industrielles. « En fait, ce qu’on veut créer, au-delà d’investir dans des domaines bien précis, dans des entreprises bien précises, qui existent ou qui n’existent pas encore d’ailleurs, c’est une cellule d’expertise, qui nous permet effectivement de bien comprendre comment on peut anticiper par rapport aux futures dépenses de l’armée belge, mais aussi des dépenses des autres pays européens. »
