Belgique

Décoder le vocabulaire des pompiers : Fixé, circonscrit, maîtrisé, pourquoi est-ce nécessaire ?

Le terme « feu de forêt » est employé lorsqu’un incendie brûle au moins 30 hectares de forêt, avant on parle d' »incendie en milieu naturel ». Un incendie est « maîtrisé » lorsque les pompiers sont parvenus à arrêter ses flammes les plus intenses et que les lisières sont sous contrôle.


Avec les récents incendies à Fontainebleau et en Andalousie, la presse utilise constamment ces termes. Fixé, circonscrit, maîtrisé, il est parfois difficile de percevoir la nuance dans ce vocabulaire technique. Pourtant, il est essentiel pour les pompiers responsables de ces incendies de se comprendre et de communiquer efficacement afin de les contrôler rapidement. Dans le cadre de leur formation, les pompiers apprennent le vocabulaire et les techniques nécessaires à ces opérations.

« Tout d’abord, [il est important, NDLR] que ce soit uniformisé, harmonisé et que, si nous devions faire appel à des collègues ou aller en renfort dans d’autres zones, nous ayons les mêmes techniques, procédures, stratégies opérationnelles, matériel et langage, » déclare le colonel et commandant de la zone de secours du Brabant Wallon, Philippe Vos de Wael.

Dans le cadre de la collaboration internationale, il est également nécessaire pour les pompiers d’utiliser des termes identiques dans les différents pays. « C’est ce qu’on appelle le mécanisme européen. En effet, lorsqu’un pays a besoin d’un soutien, il peut faire appel à une centrale, un dispatching européen. Nous parlerons alors de modules. Ces modules sont prédéfinis, et nous savons ce que chaque module est capable de faire. Ainsi, en termes de moyens et d’objectifs à atteindre, il existe une harmonisation. »

Quels termes reviennent le plus souvent, et quelles significations leur attribue-t-on ?

Lexique des feux de forêt

Le terme « feu de forêt » est utilisé lorsque qu’un incendie brûle au moins 30 hectares de forêt, en dessous de cette superficie, on parle d' »incendie en milieu naturel ».

On dit qu’un incendie est « fixé » lorsque les flammes ne sont pas éteintes mais que la zone touchée ne s’agrandit plus. Bien que l’incendie ne soit pas éteint, les pompiers le contrôlent et empêchent sa progression. Selon le colonel Philippe Vos de Wael, ce terme est principalement utilisé en France.

Un incendie est « maîtrisé » lorsque les pompiers ont réussi à arrêter ses flammes les plus intenses et que les lisières sont sous contrôle. Les pompiers éteignent systématiquement les nouvelles flammes pour maintenir ce contrôle.

Le terme « circonscrit » est utilisé après qu’un incendie a été « maîtrisé » et que les pompiers entourent la zone affectée par les flammes restantes.

Après avoir maîtrisé l’incendie, les pompiers le « noient ». Cela signifie que toutes les flammes sont éteintes et que les lisières sont abondamment arrosées pour empêcher tout risque de reprise. Il peut être nécessaire de gratter le sol et d’arroser à nouveau pour assurer un contrôle total.

On considère qu’un incendie est totalement « éteint » lorsqu’il n’y a plus de points chauds ou de braises, permettant ainsi aux pompiers de quitter la zone.

Pourquoi dit-on parfois que 1500 hectares ont été “parcourus” mais que seulement 1100 ont été « brûlés » ? Le terme « brûlé » désigne toute la surface directement touchée par le feu ; il arrive que les flammes s’éloignent et touchent des lisières plus loin, entraînant une progression du feu sans nécessairement tout brûler dans son passage. On estime alors qu’une certaine distance a été « parcourue » alors que la zone « brûlée » diffère.

Un « foyer » est un feu susceptible de se propager.

Le terme « saut de feu » désigne une situation où le feu traverse une route ou un barrage établi, provoquant un incendie dans une parcelle non touchée directement par le feu préalable.