
Décès de Noël Godin, le célèbre entarteur, à 86 ans.
Noël Godin, figure emblématique de l’humour belge, est décédé dimanche à l’âge de 80 ans. Né à Liège le 13 septembre 1945, il a marqué le paysage culturel par son audace et son sens de la provocation.
Savant mélange d’artiste et de provocateur, Godin s’est fait connaître pour ses fameuses « attaques à la crème pâtissière », une forme d’humour qui visait à ridiculiser des personnalités publiques. Ses cibles incluaient des figures de proue telles que Bill Gates, Nicolas Sarkozy, et Bernard-Henry Lévy, parmi d’autres. Ces « attentats pâtissiers » ont fait de lui un personnage controversé et apprécié, capable de faire rire tout en suscitant des débats.
L’origine de son personnage, Georges Le Gloupier, remonte à la fin des années 1960, lorsqu’il s’inspire d’un concept développé par le journaliste français Jean-Pierre Bouyxou. Ensemble, ils ont donné vie à un style d’humour qui mêlait critique sociale et performance artistique. La première cible de cette farce fut Marguerite Duras, entartée à Louvain en décembre 1969. Ce fut le début d’une série d’actions qui allaient faire parler d’elles.
Au fil des ans, Noël Godin a élargi son répertoire, visant des figures du cinéma et de la politique, notamment lors du festival de Cannes où il s’en prit à Marco Ferreri et Jean-Luc Godard. Cependant, c’est Bernard-Henry Lévy qui devint son ennemi de prédilection, subissant pas moins de huit entartages entre 1985 et 2015. La réaction de Lévy à ses premières attaques a été particulièrement mémorable, provoquant moqueries et parodies dans la culture populaire.
Dans son ouvrage « Entartons, entartons les pompeux cornichons! » publié en 2005, Godin évoque ses expériences, notamment son entartage le plus célèbre, celui de Bill Gates en 1998, qui a eu un impact retentissant et a inspiré des mouvements similaires à travers le monde, que Godin appelait l’ « Internationale pâtissière ».
Les cibles de ses attentats étaient variées, allant de ministres belges à des célébrités françaises et même des personnalités québécoises. Peu de victimes ont choisi de porter plainte, et seul Jean-Pierre Chevènement a réussi à obtenir des dommages. Godin, quant à lui, a toujours revendiqué son humour comme une forme de résistance contre l’arrogance des puissants.
Noël Godin laisse derrière lui un héritage unique, celui d’un humoriste qui a su allier rires et critiques acerbes, faisant de lui un incontournable de la scène artistique belge.
