Belgique

Coupe du monde 2026 : annulation du carton rouge de Folarin Balogun révélée

Donald Trump a téléphoné à Gianni Infantino, le président de la FIFA, pour lever l’interdiction de match de Folarin Balogun, l’attaquant de l’équipe des USA, affirmant : « Oui j’ai parlé à Gianni. J’ai demandé un réexamen parce que je ne pensais pas que c’était une faute ». La règle stipule qu’un joueur recevant une carte rouge directe est interdit de participer au match suivant, ce qui a provoqué des tensions au sein de l’administration Trump.


Donald Trump a effectivement contacté en direct Gianni Infantino, le président de la FIFA, pour demander la levée de l’interdiction de match de Folarin Balogun, l’attaquant star de l’équipe des États-Unis. Le président américain l’a confirmé devant la presse ce jeudi : « Oui j’ai parlé à Gianni. J’ai demandé un réexamen parce que je ne pensais pas que c’était une faute », a-t-il déclaré lors d’un événement à la Maison Blanche.

## L’administration Trump à la manœuvre

Folarin Balogun faisait l’objet d’une interdiction en raison de la carte rouge reçue lors du match contre la Bosnie Herzégovine, le 2 juillet dernier. Conformément aux règles, lorsqu’un joueur reçoit une carte rouge directe, il est interdit de participer au match suivant. Cette règle a suscité l’indignation au sein de l’administration Trump, jusqu’à son plus haut niveau.

Suite à un commentaire de Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, demandant d’interjeter appel de la décision, l’entourage le plus proche du président américain s’est mobilisé pour tenter d’annuler la sanction à l’encontre de Balogun pour le prochain match Belgique – États-Unis.

Andrew Giuliani, directeur exécutif de la Task-Force Coupe du Monde de la Maison Blanche, a alerté le président. Le secrétaire au commerce, Howard Lutnick, qui avait assisté au match USA – Bosnie pendant lequel la carte rouge a été décernée, a rapidement pris contact avec plusieurs responsables du football américain pour contrecarrer cette pénalité. Lutnick entretient une relation étroite avec le président de la FIFA. L’un des arguments avancés par la partie américaine concerne l’utilisation de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), qui aurait été mal appliquée.

De plus, Scott Goodwin, un investisseur en capital-risque et donateur principal de US Soccer, la fédération de football américain, s’est aussi impliqué. Il a formulé des accusations contre l’arbitre Raphael Claus, accusé d’avoir attribué des cartes rouges inappropriées dans le championnat brésilien. Cependant, ni la FIFA, ni les autorités du football brésilien n’ont établi de preuve de malversations de l’arbitre.

Howard Lutnik et Andrew Giuliani ont continuellement apporté leur soutien à l’équipe juridique de la fédération de football américaine. Finalement, Donald Trump a appelé son ami Gianni Infantino. « Trump a interrogé Infantino sur les règles de la FIFA concernant la décision relative au carton rouge et les motifs de suspension. Infantino a écouté attentivement, mais n’a fait aucune promesse concernant le résultat de la discussion », a expliqué une source proche du dossier à Politico.

## La grande amitié entre Donald Trump et Gianni Infantino

## Plusieurs précédents de pressions politiques lors de la Coupe du Monde

Bien que cette intervention de Donald Trump auprès de la FIFA semble être une première, elle n’est pas sans précédent. Plusieurs faits similaires se sont produits dans l’histoire :

– En 1934, l’Italie fasciste a organisé la deuxième Coupe du Monde, avec Benito Mussolini exerçant une pression sur l’arbitrage, qui s’est montré très favorable à l’équipe hôte. Lors de la finale, Mussolini s’est adressé à l’équipe en uniforme noir avec le message glaçant : « Vaincre ou mourir ». L’Italie a gagné, mais la FIFA de l’époque a tout de même suspendu deux arbitres à vie.

– En 1978, la Coupe du Monde a eu lieu en Argentine, sous la dictature de Jorge Rafael Videla. L’Argentine devait battre le Pérou avec quatre buts d’écart pour atteindre la finale, ce qu’elle a fait avec un score inexplicable de 6-0. Aucune preuve de corruption n’a été apportée, mais de fortes suspicions perdurent sur un éventuel pacte entre les dictatures argentine et péruvienne.

– En 1982, pendant le match France-Koweït, les Bleus ont marqué leur quatrième but. Les Koweïtiens, pensant que le sifflet indiquait un hors-jeu, ont contesté le but. Le cheikh Fahad al-Ahmed al-Jaber al-Sabah, frère de l’émir et président de la Fédération koweïtienne de football, est descendu sur le terrain, ce qui a conduit à l’annulation du but par l’arbitre. Il a été par la suite suspendu à vie par la FIFA.

## Réactions politiques et UEFA

L’UEFA, l’Union des associations européennes de football, dans un communiqué, n’évoque pas l’appel téléphonique de Donald Trump à la FIFA, mais rappelle la règle dans le règlement de la FIFA : « Une suspension automatique minimale d’un match à la suite d’un carton rouge n’est pas à la discrétion des instances et n’exige pas de décision d’un organe compétent pour être appliquée ».

En Belgique, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot des Engagés, souligne l’incertitude qui s’ouvre après cette décision : « Si vraiment c’est un coup de fil qui explique cette décision incompréhensible, cela bafouerait les règles les plus élémentaires du football et du sport. Ce serait très grave. Comment la FIFA pourrait-elle encore plaider le fair-play avec crédibilité ? »

Inquiets, de nombreux acteurs redoutent que la décision de lever la suspension de Folarin Balogun ne crée un précédent et n’ouvre la voie à de nombreuses contestations à l’avenir, qu’elles soient politiques ou autres, lorsque d’autres joueurs seront sanctionnés de manière similaire.

L’Union Belge de Football (URBSFA) a publié une déclaration cet après-midi, exprimant sa « profonde préoccupation » face à la situation. Elle souligne que l’instance dirigeante du football mondial semble avoir tout fait pour empêcher un recours belge : « À ce jour, l’URBSFA n’a toujours reçu ni la décision de la FIFA, ni la moindre explication concernant ce dossier. Dans ces circonstances, elle n’a d’autre choix que de contester l’éligibilité du joueur pour le prochain match. »

Elle conclut : « Indépendamment de l’issue sportive de cette rencontre, l’URBSFA est profondément préoccupée par le déroulement des événements et continuera, dans les heures, les jours et les mois à venir, ses démarches afin de défendre les principes fondamentaux d’éthique, d’équité sportive et les intérêts du football dans son ensemble. »