Belgique

Cinq ans après les inondations, la reconstruction le long de la Vesdre se poursuit.

Une partie du personnel communal de Pepinster travaille dans des installations provisoires depuis presque cinq ans. À Trooz, au total, une quinzaine de bâtiments publics ont été touchés par les inondations.


Depuis près de cinq ans, une partie du personnel communal de Pepinster est contrainte de travailler dans des installations temporaires. Florence Doppagne, la directrice générale de la commune, décrit cette période comme éprouvante. « Ce sont des parois, donc on entend tout. Si dehors, les ouvriers débroussaillent, j’ai une tête comme un seau à la fin de la journée. En été, c’est très vite très chaud. Et en hiver, il fait très froid. On savait que c’était temporaire, mais on ne savait pas la temporalité. Ici, ça va quand même faire presque cinq ans. »

Cependant, la situation s’éclaircit. Un nouveau bâtiment communal est en cours d’achèvement, avec un emménagement prévu pour le 11 septembre prochain. Christelle Balck, employée au service population, exprime son soulagement : « Ici, on va vraiment être dans un endroit très lumineux, avec beaucoup plus de place. On va pouvoir accueillir le citoyen avec beaucoup plus d’aisance, de confidentialité. Ça va être beaucoup plus agréable. »

La reconstruction ne se limite pas à une simple remise en état. À Pepinster, les leçons des inondations de 2021 ont été intégrées dans le nouveau bâtiment. « Ce qui a été mis en place, ce sont des prises électriques au-dessus du niveau de 1,50 m. Et également la mise en place de carrelage pour nettoyage rapide après de futures inondations », explique Gauthier Rassenfosse, agent au service des travaux de la commune.

Une démarche de résilience similaire est observée à Trooz, où les bâtiments de l’administration communale ont été repensés. « On va se retrouver avec une passerelle qui sera à hauteur, entourée de zones humides qui vont servir de petits bassins d’orage, mais surtout à côté d’un parking souterrain qui sera deux mètres en dessous du niveau du sol et qui servira lui de grand bassin d’orage pour protéger le quartier avec des bâtiments qui seront construits en hauteur à l’arrière. On va décarboner le terrain en éliminant les bâtiments qui sont là sur le côté. On va le rendre 25% plus perméable », précise Fabien Beltran, le bourgmestre de Trooz.

Malgré ces avancées, cinq ans après les événements, les travaux à Trooz n’ont toujours pas débuté. L’eau avait atteint 2,5 mètres au-dessus du niveau de la rue, causant des dommages considérables. « On a eu sur les biens communaux 80 à 90 millions d’euros de dégâts. Pour une année normale, la commune réalise entre 500.000 et 1 million d’euros de travaux d’investissement. Donc, on a entre 150 et 160 ans de travaux à régler en quelques années avec une équipe extrêmement réduite. »

En tout, environ une quinzaine de bâtiments publics à Trooz ont été touchés, et les travaux de rénovation et d’agrandissement de l’administration communale ne commenceront que l’année prochaine.

Ces délais s’expliquent par une réalité administrative complexe. Pour reconstruire dans le secteur public, il faut passer par des marchés publics, mandater des bureaux d’études, et coordonner chaque chantier. À Trooz, seulement deux à trois agents s’occupent des dossiers liés aux inondations, en plus de la gestion courante. « Vu l’ampleur de la tâche, nos équipes n’étaient pas du tout suffisantes. Nous avons dû lancer des marchés publics. Nous avons des bureaux d’études extérieurs qui travaillent pour nous. Mais nous devons quand même suivre ces marchés, les gérer au quotidien », souligne Fabien Beltran. « Ça prend un temps extraordinairement long, mais les choses avancent petit à petit. »

Parmi les autres chantiers à venir, l’école de La Brouck attend des devis récemment reçus. Le bourgmestre espère que les travaux pourront commencer dans les semaines à venir.

À Chaudfontaine, un terrain vague le long de la Vesdre semble annoncer un futur prometteur pour le Royal Tennis Club de Chaudfontaine, dont les installations ont été endommagées en 2021. Jonathan Denis, le secrétaire du club, se projette dans l’avenir : « On est en train de travailler ici actuellement sur les remblais pour remonter justement d’un mètre le sol. Tous les terrains de tennis sont dans des zones perméables. Tout le bâtiment va être équipé de pieux qui vont nous permettre justement de stabiliser les terrains et le bâtiment en cas de crue. Toutes les techniques seront aussi en hauteur. Ici, on est dans la zone d’alignement faible d’inondation, d’après les cartes qui ont été dessinées. Avec en plus le bassin d’orage et le fait de relever le terrain, on ne peut jamais dire jamais, mais je ne pense pas qu’on va avoir autant qu’en 2021. »

Cette reconstruction est principalement financée par la Région wallonne, et le club espère accueillir ses premiers joueurs dès 2027.