Canicule à Bruxelles : Boris Dilliès recommande de planter un arbre.
Le thermomètre a frôlé les 40 degrés en Région bruxelloise, entraînant plus de 400 interventions des services de secours le vendredi 26 juin 2026 en raison de la canicule. Le 2 juillet, le gouvernement bruxellois doit voter la suppression du pack énergie qui aide les asbl bruxelloises à adapter leur bâtiment à la réalité climatique.

Dans la région bruxelloise, la température a atteint des niveaux extrêmes ces derniers jours, frôlant les 40 degrés par endroits. Cette canicule a placé les services de secours en situation d’alerte, avec plus de 400 interventions enregistrées le vendredi 26 juin 2026. Le Centre de crise régional (safe.brussels) a également conseillé aux Bruxellois de se rendre dans les parcs ou les gares souterraines de la SNCB pour échapper à la chaleur.
« Il y a eu une bonne coordination avec safe.brussels et les communes« , a déclaré Boris Dilliès lors de son entretien sur Matin Première. « La coordination a bien fonctionné avec les communes et les services concernés. En l’occurrence, on a cartographié les îlots de chaleur et ajouté une série de points d’eau. Maintenant, on doit pouvoir travailler à long terme« , a ajouté le ministre-président de la Région bruxelloise.
Les meilleurs climatiseurs sont aussi les arbres
Boris Dilliès a précisé que cela passe par « la déminéralisation de l’espace public, car les meilleurs climatiseurs sont également les arbres. Plus globalement, si vous regardez des pays comme l’Espagne où les températures élevées sont fréquentes, il est nécessaire d’avoir un plan concernant la climatisation, notamment pour les transports publics, les écoles et les infrastructures« .
Le ministre-président bruxellois a ajouté : « Bruxelles, dans les années 80, a été excessivement bétonnée. Nous sommes en train de changer de paradigme. Et cela implique, entre autres, la plantation d’arbres. En ce qui concerne les projets régionaux, il vaut souvent mieux planter un arbre que d’installer un bloc de béton.
Une question se pose : que dire d’un plan d’eau public accessible aux Bruxellois ? Boris Dilliès envisage-t-il le retour d’une piscine en plein air ?
« Je pense qu’il y a vraiment matière à remettre les choses sur la table pour être préparé à court et à long terme. Cela passe certainement par des plans d’eau, mais aussi par un plan de climatisation, en travaillant sur l’espace public pour le rendre plus accueillant, notamment lors des canicules comme celles que nous avons vécues et que nous risquons d’expérimenter à nouveau« , a répondu le libéral.
Fin des primes à la rénovation, bonjour aux prêts
Comment aider les Bruxellois à mieux faire face aux impacts du changement climatique et éviter qu’ils ne vivent dans des habitations énergétiquement inefficaces ?
Pour Boris Dilliès, une possible solution réside dans la mise en place de prêts : « Il n’y a plus de prime à la rénovation mais ce n’est pas ça le problème, puisqu’en l’occurrence, on a mis en place un système de prêts. Et puis, il faut être réaliste sur les capacités que la Région peut mettre en place. Et donc, le fait qu’il n’y ait plus de primes ne stoppe pas le fait que, par exemple, lorsque le secteur public érige de nouvelles infrastructures, il doit d’abord montrer l’exemple« .
Le 2 juillet, le gouvernement bruxellois doit également voter la suppression du pack énergie, qui soutient les ASBL bruxelloises dans l’adaptation de leurs bâtiments à la réalité climatique. Le ministre-président bruxellois se défend : « Ce n’est pas sur telle ou telle prime que l’on doit se baser pour penser que l’on mène toute la politique liée au réchauffement climatique. Ça n’est pas l’alpha et l’oméga de la politique à mener pour garantir davantage d’espaces de fraîcheur dans cette région« .
Annulations et suspensions de festivals : un manque de cohérence
La chaleur et les orages ont poussé certains organisateurs à annuler ou suspendre plusieurs événements. Le festival Couleur Café a dû évacuer son site en raison d’orages puissants prévus sur une large zone. La Ducasse d’Etterbeek a, pour sa part, été annulée à cause des fortes chaleurs.
« Je pense qu’il y a matière à améliorer les choses et à plus anticiper encore« , a réagi Boris Dilliès. « Comme vous, j’ai constaté qu’il y avait parfois trop de questionnements, et que l’on agissait différemment d’un endroit à l’autre alors que les températures étaient identiques. Nous en avons tiré des leçons pour établir une réponse plus équilibrée. À partir d’un certain moment et d’une certaine température, il est préférable d’annuler ou non les événements« , a précisé le ministre-président bruxellois.
« L’État peut et doit beaucoup »
Pour faire face aux conséquences du changement climatique, le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke, a proposé un plan d’action visant à coordonner les efforts avec les entités fédérées. Une réunion est prévue pour le 1er juillet 2026. Cependant, cette rencontre se tiendra sans la Flandre, le ministre-président flamand, Mathias Diependaele, ayant décliné l’invitation.
Une décision que Boris Dilliès a qualifiée de décision qui « le regarde« . Le ministre-président bruxellois ajoute : « Pour moi, il n’y a pas de politique dans cette affaire. Il y a encore moins, certainement, de communautarisme à avoir. Il s’agit de trouver des solutions à long terme. Ce n’est certainement pas une région isolée. Cela ne dépend pas non plus seulement de la Belgique. Mais il faut que la Belgique et ses régions assument leurs responsabilités. On ne peut pas tout faire soi-même. L’État ne peut pas tout faire, mais l’État peut et doit beaucoup.
