
Brésil 2014 : renaissance des Diables, le traumatisme de la Seleção 64 ans après le Maracana
La Belgique a manqué les rendez-vous de 2006 et de 2010 avant de retrouver l’engouement autour des Diables rouges lors de la Coupe du monde 2014. Le 8 juillet 2014, l’Allemagne a éliminé le Brésil avec un score final de 7-1 en demi-finale.
Cette Coupe du monde revêt une signification particulière pour la Belgique. Quelques années auparavant, les supporters ont ressenti que les Diables rouges prenaient de l’ampleur, avec une équipe encore jeune, comprenant notamment Kompany, Hazard, De Bruyne, Witsel, Lukaku, et Alderweireld. Dans les tribunes du stade roi Baudouin, durant les matchs de qualification, des maillots portant les mentions : « Mexico 86 » et « Rio 14 » ont été aperçus. En résumé, après avoir raté les éditions de 2006 et 2010, l’engouement autour des Diables rouges est rapidement revenu, avec la Brabançonne qui retentissait à nouveau dans les rues.
La Belgique débute son tournoi avec une angoisse face à l’Algérie. Les Fennecs sont devant jusqu’à 20 minutes de la fin, avant que Fellaini et Mertens n’inversent la tendance, 2-1, dans un stade de Belo Horizonte, lieu qui fera date dans ce Mondial.
Les Diables remportent également leur deuxième match contre la Russie, avec un but de Divock Origi, puis leur troisième face à la Corée du Sud. Ils affichent ainsi 9 points sur 9, seuls les Pays-Bas, la Colombie et l’Argentine réalisant la même performance. Ils se retrouvent ensuite en huitièmes de finale face aux États-Unis, dont le gardien de but réalise de multiples arrêts et oblige à jouer des prolongations. Finalement, Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku trompent chacun à leur tour Tim Howard.
Bien que les États-Unis réduisent la marque à 2-1, les Diables accèdent aux quarts de finale où ils affrontent un adversaire redoutable : l’Argentine. Les Belges encaissent un but en début de rencontre et malgré plusieurs occasions, notamment en fin de match, ils ne réussissent pas à égaliser. Ce quart de finale représente alors la meilleure performance de la sélection depuis la demi-finale en 1986, déjà face à l’Argentine, même si cela laisse un goût d’inachevé.
Le bilan de la Belgique est bien meilleur que celui de certaines grandes nations européennes : l’Espagne, championne en titre, est éliminée dès le premier tour après une défaite sévère 5-1 contre les Pays-Bas. L’Angleterre et l’Italie ne passent également pas le premier tour.
On ne le sait pas encore, mais cela sera la dernière fois que le public verra les Italiens jouer en Coupe du monde, puisqu’ils ne parviendront pas à se qualifier ni en 2018, ni en 2022, ni en 2026. Le dernier match de la Nazionale dans un Mondial reste donc cet Italie-Uruguay du 24 juin 2014, marqué par un incident mémorable impliquant l’attaquant uruguayen Luis Suarez, qui mord l’épaule de Giorgio Chiellini. Le défenseur italien, exhibant son épaule meurtrie à l’arbitre, n’obtient aucune sanction pour Suarez, qui sera ensuite suspendu par la FIFA pour neuf matchs. Cet incident évoque des airs de Dracula. La défense italienne, ébranlée ou non par cette morsure, encaisse un but en fin de rencontre et quitte donc, la tête basse, ce qui est à ce jour son dernier Mondial.
Comme c’est souvent le cas lorsque de grandes équipes sont éliminées prématurément, une équipe surprise fait son apparition dans le tableau final. Comme cela a été le cas dans le passé, avec la Bulgarie en 1994 ou le Ghana en 2010, un petit poucet défie les pronostics : le Costa Rica.
Le petit pays d’Amérique centrale termine premier de son groupe, devançant l’Uruguay, l’Italie et l’Angleterre, et remporte ensuite son huitième de finale contre la Grèce. En quarts de finale, le Costa Rica affronte le vice-champion du monde, les Pays-Bas, et défie toutes les attentes. A l’approche des tirs au but, l’entraîneur néerlandais opte pour un changement de gardien juste avant la fin de la rencontre, un pari gagnant, car le remplaçant arrête deux penaltys costariciens.
Il est remarquable qu’en demi-finale, les Pays-Bas se retrouvent à nouveau aux tirs au but, cette fois contre l’Argentine. Cependant, l’entraîneur néerlandais choisit de ne pas répéter sa stratégie et laisse sur le terrain le gardien titulaire, qui ne parviendra à stopper aucun tir adverse, permettant à l’Argentine de s’imposer. Cela montre qu’il est prudent de ne pas abandonner une méthode qui fonctionne.
Dans l’autre demi-finale, l’Allemagne affronte le Brésil, et le dénouement est imprévisible.
Le 8 juillet 2014, le pays hôte subit une humiliation nationale dans le stade de Belo Horizonte, où la Belgique avait remporté son match contre l’Algérie : après une demi-heure de jeu, le score est de 5-0 en faveur de l’Allemagne. Les Allemands inscrivent trois buts en quatre minutes. Le score final est de 7-1, un fait sans précédent en demi-finale de Coupe du monde. Le public, incrédule et choqué, quitte le stade en silence, se remémorant le drame footballistique vécu 64 ans plus tôt, lorsque la Seleção, considérée comme la grande favorite, avait été battue par l’Uruguay.
Le Mondial 2014 se conclut par la victoire de l’Allemagne sur l’Argentine. La Mannschaft remporte sa quatrième Coupe du monde, égalant ainsi les quatre trophées obtenus par l’Italie, juste derrière les cinq remportés par le Brésil.
