Tunisie

Avant-première d’Elyssa : une épopée chorégraphique à ne pas manquer.

Les représentations du spectacle « Elyssa » sont prévues pour le mois de décembre 2026. Cette œuvre chorégraphique célèbre la reine fondatrice de Carthage à travers une danse collective qui explore les thèmes de l’exil et de la souveraineté.


Envolée lyrique, fusion des musiques baroque et orientale, et une chorégraphie énergique interprétée par de jeunes artistes passionnés, une réinterprétation de l’histoire d’Elyssa, fondatrice de Carthage. Cette fusion musicale et chorégraphique est couronnée de succès, avec des représentations prévues pour décembre 2026.

La Presse — Le Théâtre de l’Opéra de Tunis a dévoilé jeudi dernier, à la salle des Jeunes Créateurs à la Cité de la culture, l’avant-première de sa nouvelle création « Elyssa ». Cette œuvre chorégraphique d’envergure célèbre la reine Elyssa, fondatrice de Carthage, à travers un prisme de puissance et de vision.

La pièce, grâce à sa mise en scène dynamique et à la riche musique et chorégraphie, mériterait sans conteste d’être présentée en ouverture de la 60e édition du Festival de Carthage, d’autant plus qu’elle met en lumière une figure emblématique de l’histoire de la Tunisie. Cependant, une telle entreprise nécessite audace et courage.

Dirigé par le chorégraphe Mathieu Geffré et le dramaturge Andrew Gardiner, ce spectacle se penche sur l’histoire d’Elyssa, fondatrice de Carthage, à travers une danse collective frémissante, explorant le récit de l’exil et de la souveraineté. La dimension musicale repose sur un dialogue innovant entre l’ensemble baroque français « Les Epopées », sous la direction de Stéphane Fuget, et les musiciens de l’Orchestre de Tunis. Cette collaboration artistique réussie s’articule autour d’une adaptation de l’opéra de Purcell, mêlant esthétiques baroques et orientales pour mettre en avant leur héritage commun d’ornementation et d’émotion.

Soutenue par plusieurs institutions culturelles, cette production révèle aussi un programme de formation continue et de transfert de compétences pour les artistes tunisiens. Le spectacle immersif et physique réinterprète le mythe d’Elyssa, s’éloignant de la figure traditionnelle de l’Antiquité occidentale pour se concentrer sur sa force historique et fondatrice.

Musique, chant, mouvement, lumière et costumes vaporeux (réalisés par Salah Barka) s’harmonisent pour transformer la scène en un espace vibrant où se mêlent rythme et chorégraphie, donnant naissance à une danse collective. Les gestes répétés, largement ouverts, traduisent les émotions d’un récit où joie et déception se succèdent.

Le spectacle se structure autour de plusieurs axes grâce au travail du dramaturge Andrew Gardiner, qui cherche à restituer Elyssa dans « sa vérité première », celle d’une figure de pouvoir visionnaire. Elle est décrite comme une femme souveraine, dotée d’une clarté politique, quittant Tyr (Liban) pour établir Carthage. La chorégraphie de Mathieu Geffré met en lumière des thèmes universels et identitaires comme la traversée, l’exil en tant qu’acte fondateur et, finalement, la naissance d’un peuple.

Elyssa incarne la femme fondatrice de la mémoire tunisienne et de la civilisation méditerranéenne. Sa réinterprétation inclut également une alliance sonore unique. Le spectacle constitue un voyage autour de l’opéra « Didon et Enée » de Henry Purcell, récemment présenté lors de l’ouverture du festival de musique symphonique d’El Jem, tout en le revisitant par le biais d’un dialogue entre l’ensemble baroque « Les Epopées » et les musiciens de l’Orchestre de Tunis.

Le choix de fusionner le répertoire baroque avec des musiques arabes et tunisiennes repose sur une étude approfondie de « l’ornement, la couleur et l’émotion juste », afin que cette alliance sonore fasse le lien entre le passé et le présent, conférant à la figure d’Elyssa une dimension à la fois ancienne et contemporaine, et transformant un récit mythologique en création contemporaine, une épopée chorégraphique qui souligne la puissance politique et l’héritage civilisationnel de la reine fondatrice.