Belgique

Au cœur de l’été, les cerfs se déshabillent : le velours cède à une nouvelle parure.

Roger Herman, un passionné de nature, observe avec minutie les transformations de la faune dans les forêts de l’est de la Belgique, notamment sur le plateau des Hautes Fagnes. À 85 ans, cet amateur de photographie immortalise les moments subtils que la nature offre, révélant des changements souvent imperceptibles aux yeux des promeneurs.

Actuellement, une période marquante se déroule : les cerfs commencent à perdre leur velours, une couche délicate qui recouvre leurs bois. Roger Herman explique que ce velours, riche en vaisseaux sanguins, est essentiel à la croissance rapide des bois. « C’est une peau nourricière, gorgée de sang, qui participe à la croissance des bois », précise-t-il. Ce processus débute après la chute des bois de l’année précédente, généralement entre février et mars, et se termine au cœur de l’été.

Chaque hiver, les cerfs se dépouillent de leur ancienne parure, qui renaît chaque été, un cycle qui détermine leur statut au sein de la harde et leur puissance. Dans le parc animalier Forestia à Theux, Adrien Lafontaine, responsable animalier, observe également ce phénomène. Il souligne que le velours est une zone sensible, riche en glandes et en nerfs, qui se dessèche une fois que les bois atteignent leur maturité. « C’est une couche douce qui recouvre entièrement le bois, mais qui n’enlève rien à la robustesse de l’animal », ajoute-t-il.

La fin de cette période de velours annonce la repousse de la nouvelle ramure. « Le cerf, comme on dit en langage d’experts, a ‘tout allongé' », explique Roger Herman. À ce moment-là, les cerfs se frottent aux branches pour se débarrasser de ce velours devenu superflu. « C’est à ce moment-là qu’ils sont les plus beaux, à leur état d’épanouissement complet », précise-t-il.

Observer ce « déshabillage » est rare dans la nature, mais dans un parc animalier, cela devient possible. Adrien Lafontaine note que certains visiteurs peuvent être surpris par l’aspect sanguinolent de la scène, mais il rassure : « Ce n’est pas une blessure, c’est naturel. » En effet, le velours peut même servir de complément alimentaire, car certains cerfs consomment les lambeaux tombés, récupérant ainsi des éléments nutritifs.

Se frotter aux arbres permet également aux cerfs de prendre conscience de la taille de leurs bois et de la force qu’ils développeront. À la fin de cette période, ces majestueux animaux arborent fièrement leurs nouvelles parures, essentielles lors de la saison de reproduction, qui débute généralement à la fin août. Roger Herman souligne que bien que la ramure repousse chaque année, il est difficile de déterminer l’âge d’un cerf uniquement par ses bois. « On peut dire qu’un cerf est jeune ou vieux, mais pas déterminer son âge précis », conclut-il.

Pour découvrir davantage les œuvres de Roger Herman, ses photographies sont disponibles sur la page des Amis de la Fagne.