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David Amiel : La Guyane française « en première ligne » contre le narcotrafic

Le lancement du « plan douane 2030 » a été annoncé en Guyane, marquant une étape cruciale dans la lutte contre le narcotrafic. David Amiel, ministre des Comptes publics, a souligné l’importance de cette région, affirmant : « Nous sommes en première ligne de la lutte contre le narcotrafic, les contrefaçons, l’orpaillage… ». Cette initiative, qui débutera dès 2027, vise à renforcer les capacités douanières dans un contexte où la Guyane est particulièrement exposée à ces fléaux.

Lors de sa visite au Grand port maritime de la Guyane, David Amiel a présenté un ensemble de mesures destinées à contrer le trafic de drogue. Parmi celles-ci, l’augmentation de 10 % des effectifs douaniers avec l’ajout de 15 postes, ainsi que la location d’un avion Beechcraft pour surveiller les eaux internationales. Un des éléments clés de ce plan est l’introduction d’un scanner mobile spécial (SMS) dans le port, qui permettra d’améliorer le contrôle des containers à destination de l’Europe.

Actuellement, les douaniers utilisent un scanner basse intensité monté dans une camionnette, qui leur permet de contrôler 93 % des containers exportés. Le nouveau scanner, dont la mise en service est prévue pour l’année prochaine, devrait permettre d’atteindre un taux de contrôle total avec une précision accrue, comme l’a expliqué Gilbert Beltran, directeur général adjoint des douanes.

Ce plan s’inscrit dans une stratégie plus large, annoncée en juillet, avec un budget de 419 millions d’euros pour faire face à la « déferlante » de drogues, notamment la cocaïne. Ce programme prévoit également le déploiement de 25 scanners supplémentaires à travers le territoire d’ici 2030.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2022, les douaniers ont intercepté 466 kg de cocaïne, 70 kg de cannabis et 1.212 kg de tabac en Guyane. L’instauration du dispositif « 100 % contrôle » à l’aéroport Félix-Eboué, unique point de sortie aérien, a conduit les trafiquants à se rediriger vers le Grand port maritime pour expédier la drogue vers l’Europe. En avril 2024, une saisie de 1,8 tonne de cocaïne a été réalisée dans des containers à ce port.

L’État évalue positivement l’efficacité du contrôle à l’aéroport, le ministre de l’Intérieur ayant affirmé en mai 2025 que cela avait permis de réduire de dix fois le volume de cocaïne intercepté à Roissy-Charles-de-Gaulle sur les vols en provenance de Guyane. Il a déclaré : « Ce qu’on a fait à l’aéroport, on va devoir le réussir au port ». Pour renforcer cette lutte, une visite à Saint-Laurent-du-Maroni est prévue, une ville clé dans le transit de la drogue vers l’Europe via la Guyane.