Belgique

Alcogate : projet gouvernemental vise à réduire alcool au volant

En 2014, 615 personnes ont trouvé la mort dans un accident contre 445 en 2025. Selon l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR), sur les 35.600 accidents corporels survenus en 2024, 63 impliquaient un mineur de moins de 18 ans au volant d’une voiture.


Il y a de moins en moins de décès sur les routes belges. En 2014, 615 personnes ont perdu la vie dans un accident, contre 445 en 2025. Cependant, la Belgique n’atteint pas encore son objectif de zéro mort sur les routes d’ici 2050. Pour améliorer ses chances d’y parvenir, le cabinet du ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a proposé un nouveau système : l’alcogate.

Ce système vise à réduire le nombre de conducteurs prenant le volant après avoir consommé de l’alcool. En 2025, parmi les 36.621 accidents corporels (impliquant au moins un véhicule et un blessé), le baromètre de la sécurité routière de l’Institut VIAS a enregistré 3736 sinistres impliquant un conducteur sous l’emprise de l’alcool.

Le principe de l’alcogate consiste à installer deux bornes à la sortie des parkings équipés de barrières. « À la première borne, le conducteur doit souffler vers un capteur. Si le test est négatif, les deux barrières s’ouvrent. Si le test est positif, la première barrière s’ouvre et le conducteur est dirigé vers une zone d’attente », explique le cabinet du ministre fédéral.

Le conducteur aura plusieurs options : « Il peut les consulter via une borne d’information », précise le cabinet. Il pourra choisir d’ « attendre 2 à 3 heures en cas d’intoxication limitée, laisser un autre conducteur prendre le volant, consulter les offres de transport public vers sa destination, faire appel à un service de taxi ou envisager une solution d’hébergement ».

Les emplacements potentiels pour ces bornes sont variés : entreprises, parkings publics, parkings d’événements, etc.

Le développement technique de cet outil est en phase finale, et un projet pilote sera testé en juillet prochain. « L’objectif principal est de faire en sorte que chacun assume sa responsabilité pour rendre la circulation plus sûre. Même une faible consommation d’alcool influence le comportement de conduite », commente le cabinet.

L’approche n’est pas répressive, mais surtout préventive. « Aucune amende n’est liée à ce système ». « Toutefois, l’approche n’est pas répressive, mais avant tout préventive. L’objectif est d’empêcher une participation dangereuse à la circulation et de proposer des alternatives. »

D’autres projets sont également à l’étude par le ministre de la Mobilité, parmi lesquels l’idée d’empêcher un conducteur de prendre le volant s’il ne peut pas prouver que son permis de conduire est valide ou que son assurance est en ordre. La mise en œuvre d’un tel projet n’est cependant pas attendue avant la généralisation du permis de conduire numérique, prévue pour 2030.

Selon l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR), sur les 35.600 accidents corporels en 2024, 63 impliquaient un mineur de moins de 18 ans au volant d’une voiture et 525 concernaient un conducteur en défaut d’assurance. Enfin, il est estimé que 1,7 % des conducteurs en Belgique roulent sans permis, ce qui représente environ 100.000 personnes.